01 juillet 2009
Dis-moi: où vas-tu, où nous emmènes-tu ?
LU POUR VOUS
Par François LÉGER
"Le fait du prince" d'Amélie Nothomb: des héros et des situations très improbables...
"Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate": voilà une courte quatrième de couverture dont il ne faut pas trop chercher le rapport avec le contenu de l'ouvrage! Certes, on retrouve cette phrase dans le corps du texte mais elle n'apporte rien de plus - et rien de moins - que cette autre phrase: "Peut-être le secret d'une personne ne tient-il pas à ce qu'il y a à dire à son sujet"?
Encore que cette question eût été intéressante à étudier de la première à la dernière page de ce travail d'Amélie NOTHOMB dont on reconnaîtra l'énorme talent consistant à garder le lecteur en haleine malgré l'absence de ligne directrice dans un roman dont on ne saura finalement pas le rôle de l'un ou l'autre des personnages. Mais il est vrai que l'on ne rencontrera pas davantage le "fait du prince" annoncé sur la couverture de ces pages écrites avec dextérité par une princesse dont on ignore où elle nous emmène, mais que l'on suit avec avidité, avec la plus grande liberté et avec une curiosité dont une toute petite partie sera assouvie quand on refermera ce volume.
Toutefois, si l'on peut louer le talent de l'auteur de nous mener ainsi par le bout du nez, on peut regretter - à la fin de l'envoi ! - de s'être véritablement "fait avoir". Car, si l'on se laisse emmener tout au long de ces pages, il faut bien reconnaître que celles-ci ne nous apportent rien, : je n'ai rien trouvé là qui puisse enrichir mon esprit, mais bien davantage l'impression d'avoir été traité comme un être immature auquel on n' a pas besoin d'expliquer quoi que ce soit et qui n'a que de suivre!
On reste sur sa faim...
Car, si l'auteur nous emmène avec habileté faire une sorte de voyage dans des situations plus qu'improbables - avec des héros qui le sont encore davantage - en nous prenant en mains à la fin d'une soirée pour nous lâcher en un autre lieu et un autre temps, il est assez désagréable de refermer un livre en se demandant finalement quelle histoire on a lue et en étant totalement incapable de décrire les personnages, leurs habitudes et leurs rôles... Il est toujours désagréable de rester ainsi sur sa faim...
Quel est le lien entre cette soirée mondaine et Olaf Sildur, cet homme qui demande à téléphoner et meurt brutalement chez Baptiste Bordave qui devient vite Olaf en ignorant tout de lui? On ne sait rien de ces êtres, comme on ne sait rien de Georges Sheneve, mais cela ne nous empêche pas de tourner les pages... Nous tournons d'ailleurs les pages d'un roman qui n'a finalement pas d'intrigue, pas d'histoire, si ce n'est les journées improbables avec Sigrid et le sablage de moult bouteilles de champagne... En un mot: l'auteur nous a rendus dépendants et passifs... Aussi passifs que ces téléspectateurs devant les yeux desquels on dévide un vague feuilleton ayant un "format" de quarante-cinq minutes avec une ou deux énigmes dont une au moins ne sera jamais résolue si toutefois on arrive à s'y retrouver dans cet embrouillamini!
Mais, attention, ici, il n'y a point d'embrouillamini, le seul problème est qu'aucun secret ne sera levé à partir de cette première page et qu'on laissera toute liberté de conclure au lecteur en terminant par ces deux phrases: "Sigrid contemplait interminablement la blancheur et je croyais savoir à quoi elle pensait. Pour moi, ce blanc était celui de la page vierge que j'avais conquise".
On l'aura compris, ce roman aurait dû porter le titre "Le fait de la princesse" puisque Amélie NOTHOMB ne fait que développer devant nous une histoire dont elle tire - seule - les ficelles en nous prenant pour des marionnettes... Elle le fait certes bien, mais il serait dommage qu'elle en abuse car le lecteur s'en dégoûterait rapidement.
"Le fait du prince"
Amélie NOTHOMB
170 pages - 15,90 euros
Éditions Albin Michel.
28 juin 2009
Méditerranée, Méditerranée...
67èmes Jeux Littéraires Méditerranéens
Voici les prix et le règlement des soixante-septièmes Jeux Littéraires des Écrivains Méditerranéens ouverts jusqu'au 14 juillet 2009.
Grand Prix Poésie des Écrivains Méditerranéens et revue Souffles. Ce prix est destiné à couronner un manuscrit inédit de trente à quarante pages maximum dont la sensibilité et l'écriture poétique suscitent une émotion profonde et durable.
Nature du prix : édition du manuscrit (100 exemplaires pour l'auteur) plus service de presse et large diffusion par la revue Souffles. Droits d'inscription: 20 euros.
Prix Spécial du Jury Karl BREHERET. Ce prix est décerné par le Jury, sans qu'il soit fait acte de candidature, à un recueil de poésie de qualité.
Prix Gaston BAISSETTE. Ce prix est attribué à une nouvelle (ou plusieurs) - 30 à 40 pages maximum. Pour les organisateurs de ce concours, la nouvelle (dite la Brève) est un texte bref comme son nom l'indique (de 1 à 10 pages maximum; 1000 caractères par page, espaces non compris), rapide, dont les événements resserrés autour d'une action centrale, souvent singulière, mènent à une fin abrupte, parfois inattendue qui dénoue l'action enclenchée. Il s'agit pour cette association de valoriser la nouvelle "instant", l'extrême concision du texte, le dépouillement. L'écriture prime sur le fond quitte à ce que le texte demeure inachevé, rempli de silence, d'espaces à rêver ou de non-dits.
Nature du prix: édition du manuscrit (100 exemplaires pour l'auteur) plus service de presse et large diffusion par la revue Souffles. Droits d'inscription: 20 euros.
Prix du Jeune Auteur. Ce prix est réservé aux 16 à 26 ans, pour une oeuvre de poésie ou de prose n'excédant pas 5 pages.
Nature du prix: découverte et parution dans l'Anthologie 2009. Droits d'inscription: 6 euros. Les candidats peuvent également concourir pour les autres prix.
Prix de la Ville de Montpellier. Décerné à un ensemble de cinq poèmes inédits présentant une même tonalité.
Nature du prix: livre d'art et parution dans l'Anthologie. Droits d'inscription: 8 euros.
Prix Spéciaux
Prix Éclat du texte court. Récompense un texte de prose de moins de 1000 mots. Toutes les formes sont admises mais l'oeuvre doit faire appel à un imaginaire et témoigner d'un tempérament, d'une écriture. Il ne s'agit ici ni d'une nouvelle, ni d'une fable, ni d'un conte, mais d'un texte de "Transmutation du réel".
Nature du Prix: publication . Droits d'inscription: 8 euros.
Prix de l'écriture autobiographique. L'écriture autobiographique concerne tous les récits de vie: il peut s'agir de la vie d'une personne réelle ou de la vie d'un personnage fictif. En 15 pages maximum (1000 caractères par page, espaces non compris), l'auteur relatera un fragment d'existence à son niveau personnel ou au niveau d'un personnage historique ou imaginaire.
Nature du prix: livre d'art, publication. Droits d'inscription: 8 euros.
Prix de l'oeuvre dramatique (inédite). Durée n'excédant pas une heure de représentation.
Nature du prix: publication, organisation d'une séance publique et, éventuellement, mise en relation avec un metteur en scène. Droits d'inscription: 8 euros.
En outre une Anthologie 2009 est offerte à tous les titulaires d'un prix.
Règlement
1) Les envois, inédits, non primés par ailleurs, dactylographiés, correctement brochés, non signés, et ne comportant aucune mention particulière sont à adresser, en quatre exemplaires, avant le 14 juillet 2009, à Monsieur le président du jury, 67èmes Jeux Littéraires Méditerranéens, 45 rue Léon Blum, 34660 Cournonterral.
2) Les plis, non recommandés, contiendront une enveloppe cachetée portant en suscription le titre de l'oeuvre présentée et le nom du prix auquel elle a concouru. Le cas échéant, on prévoira une enveloppe pour chaque prix.
3) A l'intérieur de cette enveloppe sera glissée une autre enveloppe, affranchie au tarif des lettres urgentes et portant l'adresse du candidat. Joindre votre numéro de téléphone. Pour les candidats au Prix Jeune Auteur, il conviendra de joindre la photocopie d'une pièce d'identité.
Un chèque bancaire ou postal correspondant au montant des droits d'inscription et établi à l'ordre de l'association "Les Écrivains Méditerranéens" (C.C.P. Montpellier 717-96 X) accompagnera l'ensemble.
4) Les manuscrits ne seront pas retournés. Ils seront détruits conformément à l'usage.
5) Les textes primés, prix et mentions de prix feront, en outre, l'objet d'une parution, tout ou en partie, dans la revue SOUFFLES, publication de l'association Les Écrivains Méditerranéens.
6) Les candidatures non conformes au présent règlement seront écartées. Les décisions du jury sont sans appel.
7) Le palmarès sera personnellement adressé aux candidats début septembre 2009. La remise des prix aura lieu dans le courant du mois d'octobre 2009. Les lauréats du Grand Prix de Poésie des Écrivains Méditerranéens et du Prix Gaston BAISSETTE s'engagent à être présents ou à se faire représenter lors de la remise des prix. Dans le cas contraire, l'ouvrage ne sera pas édité et le montant de l'édition sera réaffecté au concours de l'année suivante. Par ailleurs, la présence de tous les candidats est vivement souhaitée.
8) Les lauréats ne pourront pas concourir, à nouveau, pour le même prix avant cinq ans. Pour ce qui est du Grand Prix de Poésie et du Prix Gaston BAISSETTE, les lauréats ne pourront pas concourir une seconde fois.
9) Les membres du jury et du comité directeur de l'association Les Écrivains Méditerranéens s'interdisent de concourir.
25 juin 2009
Lauriers littéraires
Les 33° "Jeux floraux" des Pyrénées Cathares ont couronné cette nouvelle...
My-Laï
Par Jacques DEFOLIE
Une ambiance feutrée, silencieuse, troublée par instants par une conversation de voix étouffées. Des hommes et des femmes, qui marchent à pas rapides dans des longs et larges couloirs blancs aux larges portes numérotées et fermées. Une odeur aux relents de pharmacie règne dans ce silence ambiant. Parfois, des hommes habillés de bleu des pieds à la tête passent en poussant un lit à roulettes où gît une forme inerte sous des draps immaculés. Des visages indéchiffrables dont on ne sait si c'est celui d'un homme ou une femme. Le teint est cireux, les yeux fermés la plupart du temps et la tête est couverte d'un bonnet bleu clair qui accentue encore la pâleur de cette figure de cire.
Une porte s'ouvre et se referme silencieusement. Un homme en blouse blanche, le stéthoscope autour du cou en est sorti, la mine soucieuse. Sur la poche gauche de sa blouse, à hauteur de poitrine on peut lire "Clinique des Cyprès - Dr Valentin". Bien nommée la clinique, pour ces immenses cyprès qui l'entourent de leurs hauts fuseaux noirs, tranchant sur le ciel si bleu du Midi, comme des points d'exclamation. D'un pas nerveux, le Dr Valentin traverse le couloir et entre dans un bureau sur lequel une petite plaque répète les mêmes mots qui figurent sur sa poitrine. Il se laisse littéralement tomber dans un fauteuil de simili cuir et, d'un geste las, décroche un téléphone.
"Oui... Robert? Je suis bien embêté pour le cas de la chambre 22... Je n'y comprends rien. Ce malade souffre de quelque chose que je ne connais pas...
" Les examens? Ils ne révèlent rien de spécial. Disons que, pour un homme de plus de quatre-vingts ans, ils sont normaux. Température? A peine 38... Tension régulière à 14/7, ce qui me semble également normal. Ce qui me semble anormal, c'est la maigreur de cet homme et cette espèce de coma dans lequel il est plongé... J'y ai pensé à la cachexie mais ça ne tient pas...
" Pourquoi je t'appelle? Tu as fait des séjours en pays chaud, il me semble... Il faudrait que tu fasses un saut pour voir ce patient... Palu? Non, il ne fait aucun écart de température. Je t'assure, je ne comprends pas... Les filles... Elles s'en occupent bien, mais elles sont comme moi, elles ne comprennent pas. On se demande ce que nous avons là comme malade. Alors, j'ai pensé à une maladie exotique. D'après ce que l'on sait, il aurait fait un long séjour en Indochine dans les années cinquante. Sous toutes réserves... Nous en serons sûrs quand on aura reçu son dossier médical de Lille où il a vécu avant de venir ici. Bon! Tu viens dès que tu as fini ton tour dans ton service... D'accord, je t'attends... Ah oui! Une dernière chose, sa fille arrive de Paris ce matin..."
Le docteur raccroche le téléphone d'un geste machinal et il se plonge dans le mince dossier qu'il a sur son bureau. Et, une fois de plus, il explore les résultats des divers examens concernant ce patient alité depuis quatre jours dans son service. C'est l'aide-ménagère de ce vieux monsieur qui a alerté le SAMU. Elle l'a trouvé un matin, dans son lit, plongé dans un coma profond que rien n'explique. Strictement rien. Tout a été fait pour essayer de trouver de quoi il souffre. Rien! Le Dr Valentin, tout médecin réputé pour son savoir qu'il soit, y perd à la fois son latin et son grec. Il a beau se pencher sur les analyses sanguines, scruter les résultats un par un, tout y est normal. Chaque analyse faite depuis l'entrée de cette personne reste inchangée. Que ce soit l'hématologie, la biochimie, l'enzymologie, l'uricémie et autres paramètres, les chiffres restent les mêmes qu'à l'entrée.
Le vieil homme est dans un coma d'origine inconnue sans que son organisme ne révèle une quelconque anomalie. C'est une équation à plusieurs inconnues. Radios, scanner, IRM ne dévoilent rien qui expliquerait l'état de ce patient pas ordinaire. Chez lui tout est normal et l'impression que ressent Valentin fait que quelque chose a bloqué la vie de cette vieille personne. Comme une horloge dont le mécanisme tournerait toujours sans que les aiguilles bougent. La vie ne s'est pas arrêtée mais elle est comme en suspens.
*** *** *** *** ***
Patiemment, intrigué au plus haut point, le Dr Valentin se replonge une nouvelle fois dans le dossier. Si intensément qu'il n'entend pas le bref coup qui heurte sa porte et qu'il ne se rend compte de la présence du praticien qu'il a appelé à son secours que lorsque celui-ci tousse pour attirer son attention.
"Ah! C'est toi, Robert. Je ne t'attendais pas si vite. Je regardais encore une fois les résultats...
"Regardons ça ensemble, il y a quelque chose qui a dû t'échapper... Ça m'étonnerait de toi, mais on ne sait jamais..."
Familièrement, Robert contourne le bureau de Valentin et vient s'appuyer sur l'épaule de ce dernier. Ensemble les deux médecins compulsent, regardent avec la même attention, avec la même tension, le dossier de ce patient énigmatique. Tout y passe, analyses, radios, CD du scanner. Les moues dubitatives succèdent aux moues dubitatives. Debout, côte à côte, ils examinent avec soin les moindres images, les clichés de toutes sortes, consultent et reconsultent les feuilles d'examen.
"Rien! Rien de rien... C'est à se demander si...
"Attends, Valentin! Pas de conclusions hâtives. Les analyses toxicologiques on va le refaire, on ne sait jamais...
" Mais c'est aussi négatif que tout ce que tu as sous les yeux. Toxicologie, parasitologie, tout a été analysé. Même l'air expulsé... RIEN! Tu comprends ce mot RIEN!
Valentin s'est presque mis à crier ce mot "rien".
" C'est une énigme. Voilà pourquoi je t'ai demandé de passer. Pour que tu regardes, parce que moi, je n'y comprends plus rien. Je n'ai jamais vu ça..."
Prenant son homologue par le bras, il l'emmène presque de force dans la chambre qui est devenue la 22 du mystère parmi le personnel hospitalier. Dame! Voir un professionnel comme Valentin sécher sur un cas est d'une telle rareté que certains s'en réjouiraient presque. Et pour qu'il ait appelé Robert, le plus calé de toute la clinique, après lui bien sûr, c'est que vraiment "il pédale dans la semoule" a dit l'infirmière en chef. C'est vrai qu'elle ne peut pas le sentir mais quand même...
Quand ils entrent tous les deux dans la chambre, une jeune infirmière est en train de prendre la tension du vieux monsieur. D'un ton bref, Valentin demande: "Alors?", "14/7 comme d'habitude...", "Tu vois, ce que je t'ai dit..." Robert s'approche et sa grande silhouette passant devant la fenêtre fait une zone d'ombre sur le corps étendu.
" Bon Dieu, qu'il est maigre..
" D'après l'aide-ménagère, cela fait des mois qu'il est maigre comme cela. Mais, fait étrange que je ne comprends pas, il pèse pas loin de soixante-dix kilos...
" Tu te fous de ma gueule ou quoi... ?
" Non, regarde sur sa fiche, il a été pesé à l'entrée...
" Ben ça, ce n'est pas banal... Je vais l'ausculter.. On va bien voir...
D'un geste sec, d'un geste de praticien, Robert découvre entièrement le malade et lentement, patiemment, remontant des pieds à la tête il examine de manière très attentive le corps du vieil homme. Celui-ci fut de grande taille et il a dû être assez musclé à ce qu'il peut voir. Pas le plus petit espace n'échappe à ce contrôle scrupuleux visuel augmenté du passage du stéthoscope. Quand le Dr Robert se redresse un air de quasi stupéfaction est posé sur son visage. Et la seule chose qu'il peut dire c'est: "Ben, ça alors... Ce type est un dilemme".
" Ah! Tu vois que j'ai raison...
" La seule chose que j'ai pu voir c'est ça... Et il montre une fine cicatrice de quelques millimètres, comme une griffe. Une toute petite griffe à peine visible dans le haut du bras. Dans la peau un peu ridée du vieil homme on la distingue à peine.
" Valentin, tu avais vu ça?" Et ce disant, le Dr Robert pose son doigt sur la très légère et ancienne cicatrice. Et il reste interdit de ce que déclenche son geste. Le malade, qui jusqu'alors n'avait jamais réagi à quoi que ce soit, a un léger gémissement et un souffle sort de ses lèvres. Un faible soupir, comme un appel.
" Qu'est-ce qu'il dit ?
" J'sais pas! Je n'ai rien compris...
" Essaie de nouveau, pour voir...
" J'ai encore mon doigt dessus mais il ne réagit plus à la pression...
*** *** *** *** ***
Valentin se tourne vers l'infirmière qui est restée là et lui demande d'un ton bref: "Nicole, allez me chercher un scalpel et tout ce qu'il faut pour pratiquer une légère intervention. C'est peut-être là que se situe ce que nous cherchons."
La jeune femme part en courant pendant que les deux praticiens se regardent sans rien dire. La clef de leur problème est sans doute là et leur science, pour le moment prise en défaut, va peut-être trouver la solution au problème posé par le bonhomme qui est devant eux.
Délicatement, minutieusement, l'opération se fait avec un soin tout particulier. Une légère incision à l'endroit de la cicatrice révèle la présence d'un kyste minuscule. A peine plus gros qu'un gros grain de blé. D'un scalpel précis, après l'avoir retiré de là où il se trouvait, le Dr Robert ouvre la masse un peu graisseuse. Il trouve à l'intérieur un infime morceau de quelque chose d'indéfinissable. Comme un débris d'allumette ou s'en approchant. Une sorte d'esquille d'une matière indéfinissable.
Le bruit d'une paire de ciseaux tombant sur le sol alerte les deux médecins en train de s'interroger sur la signification de ce qu'ils viennent de découvrir. La jeune infirmière est devant eux, l'air désolé, les bras ballants. Elle est d'une pâleur alarmante. Ce qui fait ressortir un tout petit peu une origine lointaine.
" Que vous arrive-t-il? C'est la vue du sang qui vous fait cet effet là? Il faudra changer de métier mon petit...
"Non, Docteur, c'est ce que vous avez trouvé dans le bras de ce vieux monsieur....
" Ce bout de bois... Mais ce n'est rien... Une épine dans le bras...
" Non, c'est beaucoup plus que cela...
Et soudain, sous les yeux stupéfaits des deux médecins, la jeune femme se met à pleurer. De grosses larmes coulent sur ses joues et elle semble plongée dans un chagrin profond. Le vieil homme n'a pas bougé depuis l'incision et Valentin termine le pansement que la chute des ciseaux lui avait fait interrompre. Le Dr Robert a un geste d'impatience et c'est un peu sèchement qu'il demande à la jeune femme : "Vous pouvez m'expliquer ce qui vous arrive... ?"
" Cela ne se voit pas beaucoup, mais je suis d'origine vietnamienne par mon arrière-grand-mère. Elle était la femme d'un planteur de thé d'avant la guerre avec le Japon. C'était une fille des Hauts Plateaux du nord de ce qui s'appelait l'Indochine à l'époque. Elle et mon arrière-grand-père s'aimaient beaucoup et ne se sont jamais quittés. Elle m'avait dit que selon une légende Méo, un peuple des Hauts Plateaux, même s'ils se quittaient un jour, mon aïeul ne pourrait jamais l'oublier. Elle avait ce qu'il fallait pour cela...
" Et qu'est-ce que cela a à voir avec ce pauvre vieux....?
" On croit savoir qu'il a été là-bas. Maintenant, j'en suis certaine. Là-bas, quand une fille était amoureuse d'un garçon et qu'ils vivaient ensemble, afin qu'il ne l'oublie jamais, elle profitait d'un moment où il était endormi. Elle lui glissait alors, sous la peau, un mince éclat de bambou qu'elle avait d'abord trempé dans son propre sang. Pour être certaine qu'il ne se réveille pas, elle lui faisait boire auparavant une décoction de pétales de pavots...
" Bon d'accord. Et alors...
" Alors, ce vieux monsieur va mourir...
" Ah bon. Vous savez ça vous? Alors que nous nous demandons de quoi il souffre, que tous les résultats des analyses et autres sont bons, vous, vous savez qu'il va mourir. Vous êtes voyante ou quoi..?
" Non! Mais selon mon aïeule, celui à qui on avait fait cela pouvait vivre toute sa vie avec une autre femme sans que cela le gêne. Mais ce petit bout de bambou était là pour toujours et au moment où l'amoureuse sentirait le moment de sa mort venir, elle viendrait chercher son amant. Pour qu'il l'accompagne dans le grand voyage. Tout à l'heure, quand vous avez appuyé sur la petite cicatrice, il a murmuré quelque chose que, sur le moment, je n'ai pas compris. Maintenant je suis sûre qu'il a dit MY LAÏ...
"My Laï? Ça signifie quoi cela?
"Je ne sais pas bien, plus personne ne parle vietnamien dans la famille. Au bout de quatre générations... C'est peut-être un prénom ou alors ça veut dire "chérie". Je ne sais pas."
Durant tout ce temps le Docteur Valentin n'a pas dit un mot. Il est resté songeur et semble abîmé dans une profonde réflexion. Il tient la main du vieil homme dans la sienne et semble compter. Soudain, comme s'il se réveillait, il dit d'un ton neutre: "Robert, tu veux bien venir dans mon bureau. Vous, Nicole, vous allez rester près de ce patient. Ne le quittez pas, sous aucun prétexte. Et tenez -moi au courant de ce qui se passe".
En rentrant dans son bureau, Valentin se tourne vers son collègue et lui dit : "Je ne sais pas si nous avons bien fait de retirer ce petit bout de bambou. Depuis que c'est fait j'ai l'impression que notre malade va moins bien... "
" Non mais, qu'est-ce que j'entends là? Mais tu deviens fou ma parole. Il suffit qu'une jeune femme te raconte une histoire à deux balles pour que tu t'imagines que... Non mais, où est le cador de l'Université, de la Fac de Médecine... Le chouchou du professeur Langlois qui ne jurait que par ton esprit de synthèse et la sûreté de ton diagnostic. De ton pragmatisme aussi! Un futur patron, un savant, un génie de la science hospitalière qu'il voyait en toi. Mais tu ne vas tout de même pas croire à ces conneries de superstitions? Hein! Tu ne vas quand même pas croire à ses billevesées, j'allais dire à ces chinoiseries. Pas toi!"
Il a terminé son laïus en criant presque...
La porte s'ouvre brusquement et la jeune infirmière leur dit d'un ton navré: "Le patient du 22 vient de mourir..."
La fille du vieux monsieur confirmera que son père avait fait partie du corps expéditionnaire d'Indochine dans les années 50. Tout ce qu'elle savait c'est qu'il avait été chef de poste dans un village des Hauts Plateaux. Elle a trouvé un jour, par hasard, dans un vieux livre, une photo de femme. Une jolie femme aux yeux bridés. Au dos de cette photo, jaunie par le temps, il y a écrit, de la main de son père, MY LAÏ...
Séduit par cette curieuse nouvelle, François LÉGER a offert son dernier ouvrage - "Il n'y a pas d'âge" - au lauréat de ce concours, un lauréat à découvrir ci-dessous...
Jacques DEFOLIE: un auteur éclectique...
Par François LEGER
N'allez surtout pas croire que l'auteur de la "nouvelle" ci-dessus se cantonne dans cette forme d'écriture même s'il affirme avec force : "J'aime écrire des nouvelles. Ce style d'écriture me permet de conclure une histoire en quelques pages alors que j'ai fait quelques essais de romans restés sans suite". Une affirmation qui, bien évidemment, a stupéfait le nouvelliste que je suis car je pense, justement, que cette forme d'écriture a des règles très rigides qui ne permettent pas à l'auteur de "se laisser aller" sur le plan littéraire. Lorsque, maintenant - après avoir publié trois recueils de nouvelles (soit une cinquantaine de nouvelles!) - , je me mets à écrire, je n'ai plus envie d'être prisonnier de cette forme d'écriture et ai - comme on dit aujourd'hui - bien plutôt l'envie de < m'éclater >. Ceci prouve une fois de plus que chaque homme a ses amours...
Non, Jacques DEFOLIE, à la veille de devenir une plume octogénaire, est tout à fait éclectique tant dans ses lectures que dans ses écrits.
De fait, l'heureux lauréat de ce concours de nouvelles, un cadre commercial à la retraite ayant passé près de vingt ans dans l'armée de l'air, explique ainsi sa vie d'auteur: "J'écris depuis environ dix ans... après que l'on m'a offert un ordinateur pour mon anniversaire". Et, d'expliquer qu'il a fait des nouvelles, des contes de Noël, des poèmes et quelques fables avant d'ajouter: "J'ai également <commis > deux saynètes destinées à être jouées, pour la Fête de Noël, par les enfants du catéchisme de la paroisse protestante de Privas".
Passionné d'aviation - Tiens! Tiens! -; de lecture - Ô étonnement - mais aussi de musique classique et de théâtre (avec une petite préférence pour celui dit "de boulevard"), Jacques DEFOLIE a tout de même une particularité: celle d'écrire en français et en picard... "qui est ma langue régionale" dit-il. Particularité qu'il confirme en expliquant: "Je souhaite voir les langages régionaux enseignés - que ce soit le breton, le corse, l'occitan ou encore l'alsacien - car c'est pour moi un patrimoine qui est en train de disparaître."... Sachant cela, on ne s'étonnera guère de l'entendre expliquer: "Je suis venu à la nouvelle en français après avoir écrit des anecdotes et des nouvelles en picard." Et, de préciser : "L'une d'elles a reçu le troisième prix du Grand Prix de la Nouvelle en picard de l'Office Régional de Picardie en 2006.... D'ailleurs, plusieurs de mes anecdotes ou historiettes ont été publiées dans une revue tri-mensuelle entièrement en picard < Ch'Landron >..."
Il en est ainsi de la personnalité de Jacques DEFOLIE qui montre bien que l'on ne sait jamais qui est vraiment l'auteur d'un texte. D'ailleurs, pour revenir à cette nouvelle qui vient d'être primée et dont l'histoire se passe à l'endroit précis que nous montre Jacques DEFOLIE sur sa carte, vous pensez évidemment qu'il a en quelque sorte mis en scène une croyance de ce pays... Eh bien, pas du tout! M. DEFOLIE m'a affirmé que cette croyance n'existait que dans son imaginaire...
L'écrivain serait-il donc, devant sa page blanche, un autre personnage?
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22 juin 2009
Sainte-Croix-Volvestre
Le livre en campagne...dans l'Ariège!
Le troisième Salon du Livre d'histoire de Sainte-Croix-Volvestre se tiendra les 25 et 26 juillet 2009. Il sera principalement orienté vers un public jeune: bandes dessinées et contes historiques illustrés, destinés à faire prendre conscience du déroulement de l'histoire mondiale, nationale et locale y seront à l'honneur chez la plupart des auteurs, les éditeurs et les libraires présents avec les autres métiers du livre, relieurs, calligraphes, imprimeurs, relecteurs, etc. car - comme le précédent - ce Salon se veut " autour du livre". C'est son originalité et la source de son succès depuis 2005.
Un certain nombre de
conférences l'animeront.
On annonce en effet:
- Une conférence de Joseph Barthen: "Causes de la difficile émancipation du Monde ouvrier au XIX° et au XX° siècle". Joseph Barthen viendra du Jura. Il est l'auteur entre autres de "Histoire ordinaire d'un notaire de campagne", "Invasion et migrations" (aux Ed. Aéropage) et "Trois de 37 ou la pérennité de l'inégalité des chances en 2000" préfacé par Roger Bichelberger, retenu pour le prix Erckmann-Chatrian.
- Une intervention de Julenne Salvat qui a introduit la "Chasse au Nègre Marron" (1844) de Théodore Pavie, Edition de l'UDIR. Elle viendra de La Réunion et présentera l'histoire de ce beau département.
- Une conférence de Mathieu Aref, auteur notamment de "La Grèce, Mycéniens, Pélasges, ou la solution d'une énigme" qui traitera de la Grèce pré-hellénique.
- Une interrogation de Bernard Tissier qui viendra de l'Ain pour nous dire Pourquoi on a changé d'ère.
- Une intervention de François Léger qui viendra du Var pour traiter du thème "Journaliste et nouvelliste". François Léger est l'auteur d'un essai socio-économique (1999) et de plusieurs recueils de nouvelles.
Le public y trouvera une section régionaliste, dont occitane, importante. 
La liste n'est pas encore complète.
Ce Salon sera suivi d'une semaine de "Librairie temporaire" au cours de laquelle certains des auteurs présents dédicaceront leurs ouvrages. Cette semaine sera aussi l'occasion de nombreuses manifestations qui feront de Saint-Croix le pôle d'attraction de la vivacité culturelle du Volvestre: atelier d'écriture, récitation de contes occitans, projection du film "Marie-Octobre". Cette liste n'est pas limitative.
Bref, comme en 2005 et 2007, ce Salon sera une manifestation culturelle régionale qui "en campagne" s'ouvrira sur la France et l'Europe.
Un festival de joie culturelle en perspective...
Photos fournies gracieusement par M. Yves PAVIE. En haut à gauche, un calligraphe et en bas à droite une relieuse.
18 juin 2009
Comment être à sa portée ?
Un dimanche d'été fêtant la musique et les pères !
C'est le moment d'une pause pour les papas! Eux qui doivent être conscients de leurs actes quotidiens pour que leurs enfants ne risquent jamais d'être amers...
Par François LÉGER
Cette année encore, le premier jour de l'été sera fêté en musique et nous permettra de retrouver les cacophonies habituelles dans les rues puisque l'on ne demande pas aux gens de faire de la musique mais, pour ne pas avoir oublié cette magnifique phrase de l'un de nos anciens ministres de la culture, tout simplement "A chacun de descendre son instrument à la main dans la rue"!!!
Ainsi, le "chef" qu'était ce ministre de la culture s'est-il conduit comme ce mauvais père de famille qui envoie ses enfants jouer où ils veulent pourvu que, lui, père de famille irresponsable, ait la paix et que sa progéniture - heureuse et béate dans sa médiocrité - ne vienne pas réclamer quoi que ce soit!
Honnêtement, l'idée première de ce ministre n'était pas mauvaise, mais il eut fallu aller plus loin: aller plus loin, c'était faire découvrir la musique aux jeunes et moins jeunes, leur donner envie de prendre un instrument et se mettre à la portée de ces futurs musiciens en faisant les pauses nécessaires pour expliquer la partition...
Il en va d'ailleurs de même pour la partition de la vie que tout père responsable doit expliquer à ses enfants en leur précisant que c'est la clef de leur bonheur, mais leur expliquer en se mettant à leur portée... Car, chaque âge a ses notes noires, ses croches, double, triple, voire quadruple croches qu'il faut surmonter pour enfin parvenir à une note blanche qui annonce la pause... proposée par la baguette du chef.
C'est en quelque sorte la musique de la vie que chaque père doit faire appréhender à ses enfants en leur expliquant que l'on a sa partition à jouer et à respecter à tous les âges de la vie...
Quand papa en est encore à venir raconter une histoire à ses enfants, chaque soir, avant qu'ils ne s'endorment, le rôle de père est aisé mais tout de même essentiel! De fait, sans ces contes, ces histoires racontées par un père dont le travail l'empêche d'être omniprésent, les enfants n'apprendraient pas à rêver... Ah, ce rêve sans lequel il ne peut y avoir de vie heureuse car il faut bien comprendre que ce rêve est un moteur de la vie de chaque individu: c'est la carotte qui fait avancer l'âne... Alors ne privons pas nos enfants de ces contes et de leurs rêves, ou bien cessons de nous demander pourquoi il y a tant de drogués et de suicides chez les adolescents!!!
Aimer sans trop le montrer...
Le rôle du père est alors relativement facile car cet homme peut déverser tout son amour sur ses enfants qui, malheureusement, vont changer de peaux et devenir très vite des adolescents ayant leurs propres problèmes et en posant aussi de sérieux à leurs pères...
Que faire? Montrer à ses enfants qu'on les aime tout en maintenant les interdits, les diktats parfois incompris, mais simplement destinés à mettre ces adolescents devant ce que sera la vie avec ses dures lois et non pas pour les rendre malheureux ou répondre par un refus systématique... Pourtant, il faut être un papa conscient qui projette la vie de ses enfants dans demain, un papa qui donne l'éducation, un papa qui donne les clefs de lendemains heureux en permettant à ses enfants de poursuivre des études ou de bénéficier d'une formation, en un mot: leur assurer de ne pas entrer dans la vraie vie les mains vides. Mais, papa doit être ferme car, s'il peut donner des moyens pour réussir à ses enfants, il ne peut pas remonter ses manches pour eux et faire tout seul que ceux-ci ne soient jamais amers...
Difficile de jouer ce rôle et de garder en soi tout son amour pour ses enfants, cet amour qui se manifeste par ces actes responsables nécessitant une vraie discipline. Quand papa parvient à instaurer un vrai dialogue, les choses s'éclairent mais le problème est que, en ces instants, les enfants sont dans le présent alors que le père se projette dans leur futur...
Que faire? Se faire bien voir comme ce chef d'entreprise - particulièrement bien rémunéré - qui, pour être tranquille et ne pas s'occuper de son fils, lui donne tout ce dont il a besoin... Cet homme va parfois jusqu'à l'extrême en installant son grand garçon avec son amie du moment dans une magnifique propriété dotée d'une pièce d'eau où le cher fils pourra aller la pêche, seule chose dont il soit capable! Papa paie sans réaliser que, lorsqu'il disparaîtra, son fils sera bien amer de toutes les largesses de son père pour ne pas pouvoir s'insérer dans la vraie vie: celle que l'on assume soi-même...
Mais, si papa n'est généralement pas très ouvert aux bisous et aux câlins de ses "ados", il sera sensible, en ce dimanche, à un "Bonne fête papa", surtout si ce "Bonne fête papa" est prononcé de manière à ce que celui-ci comprenne "Bonne fête papa... Merci pour tout ce que tu fais pour moi"... Car, en ces moments là, il y a des non-dits qui sont presque aussi assourdissants que les musiciens d'un jour réunis dans la rue.
15 juin 2009
Textes couronnés...
"Jeux floraux" des Pyrénées Cathares : c'est l'époque... des lauriers!
Les "Jeux floraux" des Pyrénées Cathares (département de l'Ariège) dont nous avons publié ici le règlement de cette année 2009 ont trente-trois années d'existence! Pourquoi ce nom de "Jeux floraux"? Simplement en souvenir des sept troubadours qui créèrent, en 1323, le premier concours de poésie à Toulouse (31) et à la gloire de Clément Isaure.
C'est là un concours littéraire permettant à chacun de s'exprimer en poésie ou en prose et ayant l'originalité de laisser une place aux langues régionales. Et, au fil des années d'être devenu international...
Mais c'est maintenant l'heure de la remise des lauriers pour ces joutes littéraires qui ont attiré, pour ce crû 2009, quelque cent-vingt participants toutes catégories dont quarante-cinq pour les nouvelles.
Le jury - composé de M. Jean Lejarre, de Quillan (11); Mme François Maes, de Pamiers (09); Mme Ginette Fioré-Florens, de Brignoles (83); tous poètes émérites qui ont été Prince ou Reine des poètes - a eu beaucoup de peine à départager les textes. Aussi, en plus du premier prix, des diplômes ont été prévus pour encourager à persévérer les auteurs des textes remarqués.
Voici donc le palmarès complet de ces "Jeux floraux" des Pyrénées Cathares qui ont composé le trente-troisième concours littéraire international.
Reine des poètes: Mme Turello Mireille, Castelginest (31).
Prince des poètes: M. Michel Jean-Pierre, Jouy-le-Moutier (95).
Poésie classique
Prix Lucile Imbert-offert par Mme Granier, Castres (81).
Premier prix: Mirelle Turello, Castelginest (31): "Les chants de l'ombre".
Mention d'excellence: Michel Dachy, Canada: "A ma famille".
Mention d'honneur: Maria Torelli, Bracieux (41): "Par coeur".
Mention spéciale: Athe Gracci, Italie: "Ce que j'aime" et Stéphane Meireles, Le Bouscat (33): "Hiver".
Poésie néo-classique
Premier prix offert par Françoise Maes, de Pamiers (09) : Jean-Pierre Michel, Jouy-le-Moutier (95): "Soirs de confidences".
Mention d'excellence: Annick Baulard, Béhéricourt (60): "Le paravent".
Deuxième prix offert par Ginette Fioré-Florens, de Brignoles (83): Paulette Thieurmel, Rennes (35): "Fragment d'infinité".
Mention d'excellence: Pascale Fink, Vouziers (08): "Le temps d'une danse".
Remarqué par le jury: Dominique Simonet, Bocé (49) : "Supplique à un poète".
Poésie libre
Offert par la municipalité de Montferrier-le-Lez (34).
Premier prix: Monique Berthaud, Bourcefranc (17): "Doux rêve de paix".
Mention d'excellence: Jeanine Arnaud-Médici, Saint-Jean-du-Falga (09): "Ailleurs" et Frédéric Roche, Toulon (83): "L'hombre d'un homme".
Remarqué par le jury: Christine Louvet, Bugarrach (11): "Salz à fleur de ciel" et François Pinaud, Beyssac (19): "Le vieil amant".
Haïkus
Offert par M. Armaing, Rieux de Pelleport (09)
Premier prix: Claudine Thibout-Pivert, Saint-Orens (31): "Encore l'automne".
Mention d'excellence: Guy Huludut, Vertou (44): "Fraternité".
Nouvelles
Offert par Fernande Bertrand, Toulouse (31)
Premier prix: Jacques Defolie, Veyras (07) : "Mylaï" . Cette nouvelle - qui sera publiée ici même le vendredi 26 juin a été très appréciée par l'auteur de ce site. C'est ainsi que François LEGER a décidé d'offrir son ouvrage "Il n'y a pas d'âge" à M. Jacques Defolie!
Mention d'honneur: Annie Rapin, Agen (47) : "Elagage"
Remarqué par le jury: Nadalette Betis, Versailles (78): "Et pourtant... Il tourne" et Marie Soumeillan, Villematier (31): "Passion ultime".
Mention: Elmie Romain, Paris : "Le chemin de Combelizane"; Mireille Garrigos, Saint-Vit (25): "Le loup et l'agneau"; Dominique Hoffer, Asnières (92): "Le rendez-vous".
Conte pour enfant
Offert par Simone Pons-Moulis, Verniolle (09).
Premier prix: Jean-Claude Ripoll, Auzielle (31): "Aliboron le petit âne".
Mention: Jacqueline Bize, Saint-Lizier (09): "Un délicieux voyage"; Béatrice Dassonville, Le Bouscat (33): "Le chat esprit".
Troubadour des Pyrénées
Premier prix: Henri Gabaude, Montgiscard (31): "A une elfe perdue".
Mention: Michèle Boyer-Caroti, Marseille (13): "Espoir"; Joseph Calvet, Perpignan (66): "La lettre"
Langues régionales
Prix Jeanne Nayrou offert par ses enfants en sa mémoire.
Premier prix: Jean Sarramea, Saint-Raphaël (83): "Reire Var"
Mention d'excellence: Robert Beltran, Pamiers (09): "L'home"
Remarqué par le jury: Lucette Bru, Lesparrou (09): "Funs de la tardor"; Jean Fabre, Pujols (47): "Sey un poeto amatur".
Francophonie
Prix offert par Patricia Zanluccki, Aubagne (13)
Premier prix: Vadim Rahmanov, Moscou - membre du club "L'oiseau bleu" - pour "A la lisière de la forêt".
Mention: Tatjana Pavlova - Ekaterina Averjyanova - Aleksandr Reider - Mariaya Fedulova - Nataljya Okentchit - Anatolii Panacetchkin.
Jeunes poètes scolaires
Ecole Affringues (62):
Premier prix: Minet Théo: "Le feu".
Mention: Jérémy Caux : "Le soleil"; Orlane Lemaire : "Mes quatre saisons"
Foyer socio-éducatif, Lycée Saint-Exupéry, Saint-Raphaël (83)
Premier prix: Eloïse Prim : "Sensation"
Mention: Gaia Solomos: "Le bruit du silence"; Paul Coursinaut: "Histoire d'amour"; Célia Laurenti: "Tu hantes mes jours"; Iris Cambra : "L'été"; Claire Cuisenier: "L'amitié".
Premier prix en langue espagnole:
Spouchetty Malin: "El amor"
Mention: Esther Hautot : "Los colores"
Jeunes poètes individuels
Premier prix: Omar Koussih, Rabat (Maroc) : "Je veux encore faire des chansons"
Mention d'excellence: Thomas Gennen (Belgique): "La flotte libre"; Nadège Legroux, Saint-Germain-en-Laye (78): "Amnésie"; Alice Jamet, Evreux (27): "Chanson humaine"; Simon Lahitette, Ledeuix (64): "Hiver".
Rendez-vous donc, le vendredi 26 juin, pour découvrir la nouvelle de M. Jacques DEFOLIE et faire la connaissance de celui-ci.
14 juin 2009
Une richesse à partager
C = Communiquer
U = Utilité publique
L = Lecture
T = Transférer
U = Universaliser
R = Renverser
E = Entreprendre
Mettre la culture à proximité des usagers.
La culture est une richesse, que tout individu porte en soi.
La culture est plurielle.
Amener des gens à l'Abbaye de Beaurepaire (Nord), c'est aussi les conduire dans un cadre architectural au sein d'un parc verdoyant et accueillant.
Il ne s'agit pas d'inculquer, mais de faire partager par cet après-midi festif.
Redonner goût à la lecture, booster des séquences mémorielles, sans pour cela provoquer un retour vers la scolarité.
Interpeller les gens avec de petits textes sur différents thèmes dans un accompagnement musical munis de supports visuels.
Redonner une conscience intellectuelle autre que la presse "People".
Dans un esprit de convivialité : apporter de brefs moments d'interrogation.
Diversifier le public pour étendre le partage sans discrimination.
Autour d'une table; crêpes, lectures et convivialité devraient être de mise.
L'auteur de ce site remercie le Service Culturel de la Ville de Somain (Nord) de son aimable autorisation de mise en ligne de l'affiche de cette manifestation.
11 juin 2009
Les parchemins ont-ils une âme ?
Contes d'un jardin extraordinaire
Par Daniel PAGNIEZ
XVIII) Une ténébreuse affaire
Troisième et dernier épisode: affaire classée
Le couteau multifonctions de Barbemousse eut vite fait de couper les liens. C'était bien Rackam, un peu étourdi, une jolie bosse à la tête et une blessure superficielle au dos, sans gravité.
-" Merci à vous tous: heureux de vous voir, les amis! C'était Koukou: il m'a pris en traître, par derrière, dans le dos et... aïe! Ma tête... J'ai dû perdre connaissance un bon moment. Il m'a traîné jusqu'ici, inconscient, avec un bâillon. Mon réveil a été pénible, j'étouffais, sans vous que serais-je devenu? Mais il a fui, je ne sais par où, le perfide tartuffe.
-"Je n'ai pas eu le temps de me défendre! Ça va aller! Ça va aller! Je vais me remettre... Je n'ai rien de grave et nous devons agir très vite maintenant!... "
Réflexion et action...
Rackam avait raison de vouloir agir au plus tôt, mais il oubliait cependant que l'attaque dont il avait été l'objet l'avait laissé un peu chancelant et lui avait ôté beaucoup d'énergie. C'est donc Barbemousse qui prit les décisions qui s'imposaient dans l'immédiat.
Les amis avaient tous besoin d'un peu de repos et la nuit devait porter conseil. Trottemenue envoya Trottinou vers leur logis pour y quérir la trousse médicale pour les premiers secours. Il fallait soigner Rackam. Le "Pull-over jaune et bonnet sans pompon" fila comme l'éclair et revint près de sa soeur avec le nécessaire. Notre "Pull-over bleu et bonnet jaune à pompon rouge", que nous connaissons si bien, prodigua ses meilleurs soins à Rackam.
Barbemousse dépêcha Ramona sur la montée vers Elliott qui n'en pouvait plus de se morfondre là-haut, rongé d'idées noires. Le rapport que lui fit Ramona ne manqua pas de "piquant" et soulagea Elliott qui avait comme instructions d'attendre le retour de Rackam à l'air libre. Les Ventraterre devaient se répartir la tâche de vérifier toutes les issues possibles et de se poser en sentinelles. Barbemousse était néanmoins certain que le Koukou n'était plus dans le sous-sol. Barbemousse se réserva une ronde de nuit dans le jardin et proposa un repos bien gagné pour chacun. Rackam abandonna l'idée de se mettre en chasse au cours de la nuit.
-" Tu as raison, il est urgent d'attendre.... Dès demain matin", dit-il à Barbemousse, "tu continueras ta surveillance dans ton labyrinthe avec tes amis. Quant à moi, à l'heure des premiers croissants, j'irai visiter les boulangeries du village avec Elliott pour les alerter sur les méfaits possibles du gredin. A cette heure, tout est fermé et Koukou doit se cacher en attendant le jour. Je te tiendrai au courant!"
Attendre, toujours attendre...
Rackam, soigné et encore quelque peu affecté par l'agression dont il avait été la victime, remonta auprès d'Elliott, non sans admirer encore au passage le spectacle magnifique de la grotte éclairée des mille petites étoiles des lucioles. Elliott était fou de joie et tout de même soucieux pour les blessures de son ami retrouvé...
Rackam le rassura et lui donna rendez-vous pour le petit matin. Il lui proposa de rentrer chez lui, mais Elliott préféra aller s'allonger dans son vieil hamac de l'appentis derrière la remise aux outils. Il serait sur place. Rackam regagna sa maison. Rougette - qui tournait sans cesse dans son salon - morte, elle aussi, d'inquiétude en raison de l'absence inhabituelle de son époux, apostropha sévèrement ce dernier.
-"D'où viens-tu Rackam? As-tu vu l'heure? Mais tu es blessé : qu'as-tu donc fait? Tu t'es battu? J'ai tout de même droit à des explications!"
-" Ce n'est rien, Chérie, ce n'est rien... Trottemenue m'a soigné..."
- "Et cette bosse? Es-tu allé boire?"
- "Non, ce n'est rien.... Figure toi que j'ai voulu épater les amis à la fin du jour; j'ai fait l'acrobate dans le grand sapin et - patatras - j'ai pris un billet de parterre! Mais, ils ont tous ri!"
-" Moi, je ne ris pas Rackam! Un jour tu te rompras le cou! Rubiette ne voulait pas s'endormir et je me suis fait du mauvais sang... Tu n'en feras jamais d'autres: je suis furieuse après toi! Trottemenue t'a bien soigné au moins? Je ne t'embrasse pas! Bonne nuit! Fais de beaux rêves... Si tu n'as rien de cassé!"
-" Non, tout va bien! Demain matin j'irai de bonne heure remercier Trottemenue, j'ai oublié de le faire et elle est si serviable!"
Rackam ne dormit pas, ruminant ses pensées. A la pointe du jour, remis de ses émotions, il retrouva Elliott, fin prêt pour reprendre la chasse au bandit. Elliott n'avait pas dormi non plus, secoué par les événements. Rackam lui dévoila ses intentions. Ils se dirigèrent vers la première boulangerie du village, la plus proche, "La Gourmandine". Ils croisèrent Barbemousse qui rentrait de sa ronde de nuit et qui n'avait rien vu de particulier. Il fut mis au courant de la démarche des deux compères.
Ils se présentèrent à leur arrivée chez les boulangers... Elliott et Rackam étaient bien connus dans le village. Quoi de plus normal, rien de surnaturel! Un de leurs clients leur avait tant de fois décrit les fabuleuses créatures du jardin de sa propriété que le rêve avait gagné les esprits dans le village et les boulangers rencontrés comprirent - sans être instruits du "charme" entourant la baguette magique - qu'un voleur risquait de venir les détrousser. Le nom de Koukou ne fut pas dévoilé. Mais ils remercièrent Rackam et Elliott pour l'avertissement. Ils notèrent un numéro de téléphone mobile, celui de Pain-Son (un concurrent... pas très concurrent!) pour prévenir éventuellement le jardin. Leur tournée terminée, nos deux amis reprirent le chemin du jardin et ils attendirent chez Pain-Son dans l'expectative d'un appel.
La journée se passa sans indice et sans mouvement révélateur. Les amis du jardin ignoraient alors que ce coucou de Koukou attendait que les événements se calment. Il avait trouvé refuge, bien caché dans le grand jasmin du jardin où Barbemousse n'avait su le découvrir. Il attendait son heure! Après le soir et la nuit à nouveau venue, le jardin s'endormit avec une pointe d'anxiété.
Hantise et attente
Pas de nouvelles le lendemain matin... Elliott revint chez Rackam qui, levé tôt, ne savait pas comment calmer son impatience. C'est Rougette qui lui ouvrit, surveillant l'attitude matinale de son époux.
-"Bonjour Elliott!... C'est toi? Si tôt? "
-" Excuse-moi Rougette. Je vous dérange, mais j'aimerais que Rackam vienne m'aider à rapporter une lourde pièce que j'ai commandée pour mon tricycle et qui doit arriver par le premier car du matin.."
-"Et ça ne peut pas attendre?"
-" J'ai peur que non... Il faut être à l'arrivée du car!"
-" Rackam! Tu savais tout ça bien sûr!..."
-" Euh! ...Oui Chérie! "
-" Décidément, chaque matin, maintenant, c'est le réveil à l'aube! Il se passe des choses bizarres. Tu n'as même pas pris ton petit-déjeuner. Rackam: tu as un rendez-vous!... Tu me caches quelque chose..."
-" Mais non ma Chérie... Ne sois pas jalouse...."
La veille, les deux amis, toujours en accord avec Pain-Son, avaient décidé, faute d'informations, de retourner dès potron-minet au village. Cette affaire restait sombre, sans dénouement et le temps passait dans les soucis et les craintes. Barbemousse aussi se caressait le menton, se "barbait" dans l'inaction et il salua les deux amis au passage en leur souhaitant meilleur résultat pour la journée.
Un voleur dans le pétrin, les victimes aussi!
Les premiers rayons du soleil commençaient à lécher les maisons du village de ses teintes roses lorsque Rackam et Elliott se présentèrent devant la première boulangerie. Une grande effervescence régnait devant l'entrée de "La Gourmandine". Quelques rares curieux à cette heure se pressaient devant les vitrines et un véhicule de la gendarmerie locale stationnait sur l'aire réservée aux voitures de la clientèle... Rackam et Elliott étaient figés d'étonnement et d'espoir. Soudain, la porte de la boutique s'ouvrit pour laisser sortir, devinez qui? Mais, Koukou, le filou, entre deux gendarmes! Sans ménagements, l'affreux Koukou fut jeté dans le véhicule qui démarra aussitôt en direction des cages de Draguignan.
Tout cela s'était passé très vite... Nos deux amis stupéfaits voulaient en savoir plus et entrèrent dans la boulangerie. La patronne en émoi les accueillit avec satisfaction et leur narra l'intervention.
-"Je venais d'ouvrir", dit-elle, "et j'ai immédiatement constaté un grand désordre sur mes présentoirs. La première fournée du matin était terminée, les hommes étaient sortis prendre leur café au bar, à côté... Mes vendeuses allaient arriver, j'étais affolée à la découverte de mon tiroir-caisse fracturé et le fond de roulement disparu... Ah! Il n'y avait pas grande fortune en caisse mais je pestais surtout pour les dégâts! Je n'osais pas ressortir de la boutique pour appeler à l'aide... Tout était fermé ici, sauf un fenestron sur l'arrière que j'ai trouvé cassé et que j'ai barricadé. J'étais certaine que le cambrioleur se trouvait encore à l'intérieur et j'ai eu très peur. J'ai appelé les gendarmes. Ils sont arrivés très vite et je leur ai demandé de fouiller le fournil...
"Un coup d'oeil par la porte vitrée donnant accès au fournil m'avait laissé apercevoir des traces suspectes dans la farine répandue au sol... Excusez-moi car je suis encore toute retournée... Les gendarmes ont rapidement découvert mon voleur, tapi derrière un pétrin... Et, il était armé! Il a tiré sur les gendarmes, sans les toucher, heureusement. L'assaut a été sauvage! ... Le bandit a été maîtrisé...
"Ouf! Et c'était ce coucou de Koukou qui ne cherche que le bien d'autrui! Vous auriez dû me parler de vos doutes!... J'allais vous téléphoner lorsque vous êtes arrivés"
-" Madame", risqua Rackam, "a-t-il été fouillé? Qu'avait-il sur lui? "
-" Oui, bien sûr, il a dû vider toutes ses poches. On a trouvé mes quelques billets et toute la petite monnaie, une boîte d'allumettes, une bougie, un long couteau, sa carte d'identité, des bouts de ficelle, une boîte de balles pour son revolver confisqué, un biscuit entamé, son mouchoir... Je crois que c'est tout!"
-" Il n'y avait rien d'autre? Pas de papier particulier? Il nous a volé un ancien manuscrit auquel nous tenons beaucoup, un genre de parchemin jauni!..."
-" Non, non, je vous assure, il n'y avait rien d'autre. D'ailleurs les gendarmes ont emporté toutes les pièces à conviction et ils auraient été intrigués par le document que vous cherchez!..."
Ne pas se laisser rouler dans la farine!
C'était trop bête! Koukou était mis hors d'état de nuire et la "recette magique" de Pain-Son semblait s'être évanouie! Rackam ne voulait pas en rester là. Il demanda à la boulangère de lui permettre de visiter son fournil où la lutte avec Koukou avait semé un grand désordre.
Avec mille précautions, Rackam et Elliott inspectèrent tout le local, accompagnés du boulanger et de son mitron, revenus à la hâte du bar voisin. Ces artisans ne comprenaient pas l'ardeur et le souci majeur de nos deux amis pour une chasse au trésor d'un document de peu d'importance pour eux.
Cependant la visite se faisait avec une grande volonté de satisfaire nos amis. Tout le local fut passé au peigne fin sans succès. Ils allaient cesser leurs longues recherches lorsque Rackam fut attiré par un sac de farine couché au sol. Il demanda de l'aide pour relever cette lourde poche de farine et... miracle! Le parchemin, sévèrement froissé, apparut là où Koukou avait dû le glisser, prêt à s'en servir après le départ des artisans, une fois leur première fournée terminée...
Rackam cria "Victoire! ", remercia le personnel de "La Gourmandine" et - fiers comme des "Léons" de l'île de paradis - nos deux enquêteurs s'empressèrent de rentrer au jardin... Barbemousse était chez Pain-Son à leur arrivée triomphale. Pain-Son était fou de joie... L'affaire ne fut pas ébruitée. Personne ne fut mis au courant d'une catastrophe évitée...
Rougette avait retrouvé le sourire de son Rackam. Barbemousse n'aurait plus à se cacher et allait proposer des excursions de rêve pour tout le petit monde du "Jardin extraordinaire" dans la grotte enchanteresse où les ténèbres s'effaceront chaque fois pour le plaisir des yeux.
En trois volets: de "TÉNÉBREUSE", "L'AFFAIRE" est devenue limpide!
Retrouvez Daniel Pagniez dans son jardin extraordinaire le samedi 18 juillet...
10 juin 2009
Juin
de l'année 2009
Par Maurice DUSSOL
Le Héron et le Destin
A l'opposé d'une fable de La Fontaine
Un jour, sur ses longs pieds, en longeant le courant,
Un tout autre héron, un héron conquérant,
Suivit à contre sens la fameuse rivière;
Celle où le vieux héron plutôt mal avisé,
Avait pris un chemin par trop improvisé
(Il n'avait semble-t-il aucune "marche arrière"
Et n'avait pas songé à faire des détours
Vers sa première proie, en remontant le cours).
Ce héron au long cou, chanté par La Fontaine,
Cet oiseau qui allait le long d'une fontaine,
A marcher vers l'aval, sottement obstiné
D'un maigre limaçon avait très mal dîné!
Mon deuxième échassier trouva, dès le début,
Le petit limaçon qui faisait sa prière...
Fidèle à son régime il le mit au rebut:
Un limaçon pour lui? C'était une misère!
Un peu plus loin, la tanche, en poisson trop curieux,
Vint frôler la surface et briller sous les cieux.
Elle obtint son mépris: elle était trop petite,
Indigne de nourrir un oiseau de mérite!
C'est pourquoi notre ami poussa plus loin sa quête,
Remontant le courant de l'aval vers l'amont,
Tel un preux chevalier pourchassant un démon
Il parvint, à la fin, aux lieux de sa conquête...
Il avait eu raison d'attendre plus longtemps:
Il vit dame la carpe "ondoyant" sous les ondes
Qui profitait gaiement des douceurs du Printemps,
Faisant "cent et cent tours" en de joyeuses rondes
Avec les grands brochets qui vivaient en ces lieux.
Après avoir dûment remercié les dieux,
Notre héron têtu fit un repas splendide
Dix fois plus copieux et plus revigorant
Que celui de l'oiseau, pas plus que lui stupide,
Mais qui, par l'autre bout, avait pris le courant.
Et ce "Mutos délolï" * que, pour l'Homme et la Bête,
Que l'on soit grand savant ou bien analphabète,
Les Heurs et les Malheurs dépendent du Destin:
Nous prenant par la main, nous menant au festin
En montrant les endroits où baigne l'abondance
Ou bien nous laissant choir pour hâter notre fin,
Démontrant envers tous sa morne indifférence,
Il nous laisse parfois, hélas, mourir de faim.
* A la fin de chaque fable, Esope annonçait la "morale" par ces mots que l'on peut traduire par "la fable démontre".
08 juin 2009
Coup de gueule...
Ce Droit de Vote que l'on abandonne!
Par Daniel PAGNIEZ
Parlons de ce Droit de Vote à l'abandon que d'aucuns chassent d'un revers de la main, de cette légion d'abstentionnistes irréfléchis qui font fi d'un pouvoir d'exception fondamental, de tous ces "pêcheurs à la ligne du dimanche" dénués de civisme, de ces citoyens qui s'étalent dans leurs balbutiements et bredouillent dans leurs mécontentements à longueur de journée sans user de leur droit d'expression dans l'urne. Je grogne contre cette attitude indigne et irrespectueuse envers ce pouvoir d'expression.
Je rappellerai aux amnésiques que, de 1791 à 1848, seuls les citoyens redevables d'un impôt direct avaient le droit de vote. En 1848, le suffrage universel masculin a été autorisé, sauf pour les militaires et 1944 a vu ce droit de vote accordé aux femmes. La fin de la seconde guerre mondiale a posé le retour du suffrage universel pour l'ensemble de la population, exception faite pour les militaires de carrière qui ont été les derniers citoyens à obtenir le droit de vote en 1945. Alors! Imagine-t-on aujourd'hui le seul droit d'aller voter aux seuls contribuables masculins? Interdire ce droit d'expression aux exclus conduirait à coup sûr à des révoltes de la rue avec ses barricades!... Comment oserait-on restreindre les Droits de l'Homme ? Je rejette ces citoyens étranges qui ne reconnaissent pas ceux qui ont lutté pour être reconnus dans leur droit d'électeur, qui ont arraché cette nécessité de fondement d'une meilleure Société plus démocratique.
Je râle contre ces râleurs à la conscience défaillante, contre leur négligente attitude dans leur civisme, contre leurs absences de décisions. Quels que soient l'enjeu et le mode de scrutin, mon regard porté vers l'abstentionniste, je dirais plutôt absentéiste, sera toujours sombre et réprobateur. L'abstentionniste, le vrai, celui qui aura signé le registre des inscrits au bureau de vote aura ma considération. Il aura usé de son droit capital, même par son bulletin blanc. Quant aux autres, ceux qui, évaporés et ronchonneurs, se complaisent du clapotis du bord de leur cours de vie alors que certains font l'effort de modifier les remous du grand fleuve dit "tranquille", ceux-là me font râler. Ce ne sont que des profiteurs égoïstes de Société pris en défaut d'altruisme et de respect pour leurs anciens qui ont jeté des bases de démocratie... N'évoquons pas le cas de force majeure qui retient l'électeur éloigné des urnes.
Je ne suis pas pour le vote obligatoire et sanctionné pour indiscipline. La contrainte serait la pire des choses envisageables. L'adulte doit rester adulte et maître sensé de son comportement sans entrave à sa liberté d'action. Mais que diable! Ce n'est pas une galère d'aller voter! Des générations vont suivre: quel regard porteront-elles sur une désinvolture d'avenir de certains de leurs géniteurs? Construire ou modifier ses lendemains est une obligation et ce droit de vote est un trésor trop écorné aujourd'hui.
Je râle contre le désintérêt des absents, contre leur manque d'effort à se manifester par un déplacement utile dans les opérations électorales. Leur passivité me désole. Et pourtant, leur avenir en dépend. Resteront-ils les éternels "assistés"? Ces "absents" n'ont aucun droit à la critique dans des orientations de gouvernance. Et pourtant la critique les occupera comme toujours!
05 juin 2009
Une journée pour une vie !
Inutile de me parler maman, je t'entends...
Je t'écoute depuis avant ma naissance et depuis que l'on dit que tu nous a quittés!
Par François LÉGER
En ce dimanche consacré à la Fête des Mères, aimable tradition sans véritable sens, il nous réchauffe le coeur de voir des enfants tout épanouis aller faire un gros bisou sur les joues de leurs mamans en apportant un petit chef-d'oeuvre confectionné de leurs mains avec l'aide de leurs institutrices... Ah, si cette démarche pouvait être l'ouverture à bien d'autres moments et actes d'amour envers cette maman qui a souvent donné beaucoup d'elle-même pour son enfant dès sa conception...
Car, en fait, pratiquement dès cette conception, l'enfant établit des liens d'amour très particuliers avec celle dans le ventre de laquelle il va passer les neuf plus beaux mois de sa vie terrestre. Le bonheur absolu en vérité puisque, dans son liquide amniotique, cet humanoïde n'aura pas à s'occuper des problèmes de chauffage, de son alimentation ou de sa protection puisque maman prendra alors tout en charge! En revanche, maman ne sait pas qu'elle va donner naissance à une sorte d'espion puisque, dans ce liquide amniotique dans lequel il baigne avec délice, cet enfant est à l'affût de tout: il entend maman et écoute papa et tous les visiteurs venant s'enquérir des nouvelles de sa maman. Il entend maman sans avoir besoin de l'écouter car il est bien placé pour connaître - avant qu'elle ne parle - les propos qu'elle va tenir! C'est un premier lien avec maman qui se développera ensuite ou s'autodétruira.
Dans sa bulle maternelle, s'il est un peu curieux, tout en étant dans le noir absolu puisqu'il manque de lumière faute d'électricité, cette électricité qui ne doit aucunement se propager dans l'ambiance familiale, le rejeton apprend aussi et surtout à voir avec son coeur ce qui le mène à gérer sa vie par des élans d'affection, mais aussi à ne pas tenir compte de tous ces propos qui relèvent de la bienséance ou de l'intérêt de la part de ceux qui les tiennent... Là, c'est une faculté que l'enfant développera ou ne retiendra pas sur cette terre où l'envie, la jalousie, la cruauté, la méchanceté et l'égocentrisme mènent le monde... Autant d'éléments déjà découverts dans le ventre de maman le menant à être un loup sur cette terre ou un "honnête homme"...
Pourquoi m'as-tu jeté dans la fosse aux lions?
C'est dire la petite vie paradisiaque de cet enfant qui ne peut malheureusement pas s'éterniser, sa maman devant tout de même - peut-être avec une once de regrets - le jeter dans la fosse aux lions dans une salle dont le seul nom est un horrible présage puisqu'il s'agit d'une salle de travail!!!
Toujours est-il que l'enfant, un beau petit Éric, est arrivé finalement sur le plancher des vaches, un petit Éric qui se souviendra de cette vie intra-utérine et du fruit des expériences qu'il a vécues dans sa cage dorée... C'est dire qu'Eric pourra à la fois demander à sa maman pourquoi elle l'a jeté si tôt dans la fosse aux lions et la remercier pour tous ces fruits de la vie qui sont en lui...
Comme la plupart des enfants, Éric ne manquera pas de souhaiter la Fête des Mères même s'il sait, sans en avoir jamais parlé avec sa maman, que cela ne fait que répondre à une coutume et non pas à un élan d'amour... Cet élan d'amour qui doit toujours être prêt à se manifester, car l'amour d'une mère et de son enfant est un amour de tous les instants de part et d'autre...
Éric a expliqué à sa maman - un peu incrédule - cette vie au cours de laquelle le foetus qu'il fut s'est développé, mais aussi les expériences qui ont été les siennes. Puis, maman a beau douter et douter encore, il est un moment où, par la force des choses, elle finit par se rendre compte qu'Eric l'entend la plupart du temps avant qu'elle ne prononce une parole... Dans l'ennui, maman n'aura jamais besoin d'appeler son fils pour qu'il comprenne qu'elle a besoin d'une main secourable....
Or, en ce dimanche de Fête des Mères - maintenant que maman est partie et regarde Éric du haut du ciel, assise sur un beau nuage blanc - celle-ci ose enfin lui dire qu'après le doute est venue la certitude. Certitude de cet amour profond qui n'a pas besoin de paroles pour s'exprimer et encore moins d'une journée spéciale...
D'ailleurs, encore aujourd'hui, Fête des Mères ou pas, anniversaire d'Eric ou pas, lorsque celui-ci a un problème, il sait qu'il peut compter sur maman et qu'il saura la comprendre même si, de là où elle est, elle ne peut pas lui parler... Vertige de l'amour maternel.
Mais tout ceci ne doit pas nous empêcher, en ce dimanche de Fête des Mères, de montrer l'amour que nous avons pour nos mamans! C'est merveilleux à condition de ne pas oublier, au fil du temps, qu'il n'y a pas d'amour profond qui ne se manifeste qu'une fois par an et qu'il faut fêter maman chaque jour: à quoi rimerait de lui apporter des fleurs une fois par an avant d'aller sur sa tombe ... une fois par an.
Ce ne serait plus la manifestation de l'amour, mais simplement, un geste libératoire de tout autre devoir...
01 juin 2009
Humour et réflexions froides...
LU POUR VOUS
Par François LÉGER
"Mon dernier cheveu noir": un bien bel ouvrage de Jean-Louis FOURNIER à prendre aux premier et second degrés.
Si vous vous peignez - déjà - chaque matin avec un gant de toilette lorsque vous entreprendrez la lecture de cet ouvrage de Jean-Louis FOURNIER, vous aurez tout de même la possibilité de bénéficier des "Quelques conseils aux anciens jeunes" qui émaillent ces magnifiques saynètes que l'auteur nous propose à l'occasion de ses préoccupations relatives à "Mon dernier cheveu noir" dont il ne nous fait pas tout un plat (à barbe) mais la première partie d'un ouvrage que l'on termine en disant un seul mot: SUPERBE!
C'est étonnant de voir défiler ces saynètes rédigées d'une plume particulièrement alerte et malicieuse dans lesquelles des "anciens jeunes" - dont je fais partie - retrouvent, ici et là, la marque de l'humour noir d'un Pierre DORIS ou d'un Pierre DESPROGES sans oublier un raisonnement qui ressemble à du Raymond DEVOS!
Toutes ces saynètes sont en fait des pages de vie, souvent drôles, que l'on apprécie sur la plage ou dans un moyen de transport comme le train ou l'avion, cet avion qui vous fait survoler la terre et les hommes en vous promenant dans le ciel... Ce ciel, cette terre et ces hommes auxquels vous accordez enfin une réflexion si vous n'avez pas encore vaincu votre peur de prendre l'avion... Cette terre et ces hommes auxquels Jean-Louis FOURNIER a consacré toutes ces saynètes qui méritent bien plus que ce sourire, ce petit rire ou ce rictus que vous leur accorderez après en avoir pris connaissance. Oui, elles méritent vraiment que vous les replaciez dans cet autre sens qu'elles ont au second degré...
Certes elles ont toutes un lien avec les personnes d'un certain âge - comme Jean-Louis FOURNIER, je vais, désormais, faire attention à mon vocabulaire comme je viens de le faire à cet instant où je m'apprêtais à écrire "avec les personnes d'un âge certain" - ce qui a l'avantage de pouvoir s'aventurer dans toutes les époques d'une vie avec doigté, avec talent, avec une plume alerte et pleine de dérision... sans oublier ce qui fait peur! Lorsque vous lisez la page 149 - reproduite ci-après : "Avec le youpala l'homme fait ses premiers pas, avec le déambulateur ses derniers pas, entre les deux il court à sa perte" - c'est une sorte d'humour qui devrait générer une sorte de réflexion froide, non?
Comme j'ai changé!!!
De même, les extraits que je vais prendre à Jean-Louis FOURNIER ci-après ne sont pas du pillage intellectuel, de la copie ou du plagiat, mais de simples citations qui ont l'énorme avantage de donner une idée de ce livre que je ne pourrais pas, moi-même, présenter avec un tel brio, un tel réalisme... En ces pages 71 et 72, j'ai été convaincu que Jean-Louis FOURNIER avait beaucoup observé ses semblables et lui-même sans oublier la transformation de nous tous au cours des années.
Lisez plutôt Jean-Louis FOURNIER: "Quand j'étais jeune, je pensais que je le resterais toujours (...) Je voulais changer le monde. J'aimais les ouvriers, les pauvres et les Noirs. Je n'avais rien, mais je voulais tout donner. J'étais un peu communiste (...) Le temps a passé, je suis toujours là (...) J'aime moins les ouvriers, ils font trop de bruit avec leurs marteaux-piqueurs, et les Noirs, je n'ai pas envie de les avoir comme voisins, ils parlent fort et puis j'ai peur qu'ils me mangent. Maintenant que j'ai tout, je ne donnerais rien. L'Etat m'en pique suffisamment."
Présenter ainsi, avec une telle dérision, ce que nous sommes tous, au plus profond de nous-mêmes, fait preuve d'un réel sens de l'humour de l'auteur en première lecture, mais il faut absolument accéder au second degré de ces textes qui doivent nous permettre de nous moquer de nous-mêmes et de tout et, peut-être, de changer un peu notre façon de voir et notre comportement vis-à-vis de nos semblables... En un mot de savoir être réaliste, malicieux et heureux...
Car, c'est un peu ce qui ressort de ces premières saynètes qui ont très certainement aussi pour but de nous faire comprendre que la vieillesse n'est pas un accident, quelque chose qui nous tombe dessus comme une catastrophe: c'est une réalité à laquelle il faut s'attendre et à laquelle n'est pas attaché le malheur...
Quand on a compris, comme l'auteur, que "C'est normal, chez les vieux tout part: les dents, les cheveux, la mémoire, les illusions", il reste à profiter de ce que l'on a avec bonheur sans se morfondre sur ses malheurs.
C'est, finalement, en faisant cette recension après une seconde lecture que je pense avoir trouvé pourquoi l'éditeur de cet ouvrage a eu l'idée - que j'ai trouvée tout à fait saugrenue, au départ - de mettre un bandeau sur ce livre: "Par l'auteur de < Où on va, papa? > "... La réflexion et la manière d'aborder la vie sont, finalement, très proches dans les deux ouvrages même si ceux-ci sont très différents quant à la forme et au contenu littéraire. D'ailleurs, je pense que si j'ai écrit (il me semble) que "Où on va, papa?" est superbe et poignant, je dirai que "Mon dernier cheveu noir" est drôle et alerte, une alerte sur demain et sur nous-mêmes à laquelle il faut réfléchir.
Histoires pour distraire ma psy
La seconde partie de ce travail - "Histoires pour distraire ma psy" - est loin de m'avoir laissé la même impression et je n'ai pas vraiment compris où l'auteur voulait nous emmener: il doit y avoir, ici aussi, un second degré de lecture que je n'ai pas réussi à saisir même si toutes ces histoires ne m'ont pas laissé indifférent. Il en est même que j'ai beaucoup aimées, peut-être parce qu'elles entraient dans un autre niveau de conscience bien controversé de nos jours...
Mais il reste néanmoins vrai que avec "Un orage de grêle", p. 192, l'auteur aborde à pas feutrés le problème de cette croyance de la Vie après la vie terrestre... Nous voici à un enterrement: un homme en jean passe devant le prêtre et celui-ci ne le voit pas ... Notre homme en jean voit la famille suivre le cercueil, reconnaît sa mère, ses frères qui l'entourent et ne le voient pas... Il devra donc finalement aller au cimetière à pied et arrivera à la fin de la cérémonie au moment où l'on a descendu le cercueil au fond du caveau et où l'on jette de la terre: un moment où l'homme en jean entend, au-dessus de sa tête, un fracas, comme un orage de grêle...
Loin de moi l'idée de vouloir raconter les histoires de cette seconde partie du livre... Je me suis laissé aller à vous rapporter l'histoire ci-dessus uniquement parce qu'elle réussit à faire réfléchir à la Vie après la Vie sans en dire un seul mot! C'est étonnant et superbe. De plus, pour que l'effet soit complet, vous verrez que cette histoire est construite comme une véritable "nouvelle", une forme d'écriture peu usitée actuellement parce qu'un quarteron de marchands de livres - se disant éditeurs - a décidé que les gens n'étaient pas intéressés par ce style... Le nouvelliste que je suis remercie Jean-Louis FOURNIER pour cette "Nouvelle" fort bien construite et les quelques autres figurant dans ces "Histoires pour distraire ma psy" qui donneront peut-être à réfléchir à ce "microcosme de pseudo-littéraires ne voulant pas entendre parler de la nouvelle" pour, peut-être, ne jamais avoir lu une seule nouvelle de l'un de nos grands classiques?
Ici, on trouvera l'égoïsme d'un enfant parfaitement illustré: ne comptez pas sur moi pour vous en parler car on finirait par dire que je plagie Jean-Louis FOURNIER, ce dont je serais certainement d'ailleurs parfaitement incapable au vu de sa plume. Vous découvrirez l'effet placebo (le tout est d'y croire comme dans "A la claire fontaine", p. 227); le principe de précaution vu par l'auteur dans "Interdit de mourir", p. 230, etc. Vous serez également obligé de vous demander "Objets inanimés, avez-vous donc une âme?" tout en découvrant les effets pervers que peuvent avoir l'amour d'une mère ou l'idée de s'intéresser aux personnes handicapées.
En fait, c'est plein de psychologie et si on fait bien attention à cette seconde partie, on s'aperçoit que Jean-Louis FOURNIER souffre d'un TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif) car toutes ses séances de psychanalyse ont lieu le lundi à 10 heures... Bizarre! Mais ceci est un détail qui montre le souci de précision dans tout ce qu'il fait... Voilà un livre à lire et à relire sans modération.
"Mon dernier cheveu noir"
Jean-Louis FOURNIER
311 pages - 19,5O euros
Éditions Anne Carrière.
29 mai 2009
Les étoiles disparaissent aussi...
Vivre dans la société d'aujourd'hui...
Le miroir aux alouettes
Par Daniel PAGNIEZ
Paris. Dans le haut, sur la gauche des Champs-Elysées. Un bar, le "Carlos Bar", lieu incontournable fréquenté par la "Jet Set" et le "Show Biz". A l'intérieur: ambiance feutrée, lumières tamisées, douce sonorisation musicale. Des couples, des groupes conversent à voix basses. Accoudé à un guéridon, cerné d'admiratrices caquetantes et gloussantes, un jeune homme, 25 ans, très "mode", récente vedette apparue dans la chanson, Mario Marini, termine son "Manhattan Dry Cocktail" lorsqu'un homme entre dans le "Carlos Bar", son "visa d'entrée", sa carte de presse, à la main. Sa tenue contraste avec l'élégance déployée par la "clientèle". Chapeau mou, gabardine et chaussures de ville, l'homme - il s'appelle Paul - dans la cinquantaine, aux traits burinés, s'avance et s'arrête soudain, figé d'étonnement. Puis, haussant le ton - bien peu civil pour la "bonne société" du lieu - il lance...
- " Holà!... Eh! Toi, là-bas! Mais c'est Léo! Léo, mon petit Léo, mais c'est toi? ... Léopold, tu me reconnais: c'est moi, Paul! Ca alors! "
Le beau Mario Marini tourne la tête et semble très gêné. Paul insiste dans sa réflexion et s'avance vers Mario. Ce dernier, de plus en plus mal à l'aise, écarte ses "perruches", quitte son guéridon et vient à la rencontre de Paul.
- " Monsieur Paul... Vous ici? Quelle surprise! Je vous en prie: restez discret... Allons nous installer à l'écart et parlez... plus bas. John... - lance-t-il à un barman - tu nous prépares deux "Manhattan"... Ce cher Monsieur Paul, il y a plus de cinq ans que je ne vous ai pas vu! Que faîtes-vous ici ?"
-" Mais dis donc Léo, cette question est pour toi...."
- "Monsieur Paul... S'il vous plait! Il n'y a pas de Léo, il n'y a plus de Léo! Ici, à Paris, je suis Mario, Mario Marini! Quelle joie de vous revoir! "
- " Explique toi Léo! ... Euh! Excuse moi, Mario! Je vais avoir du mal à m'y faire à ton ... pseudo! Tu as quitté le pays? Tu as abandonné Saint Florent et notre Berry?... "
- " Installons-nous ici, nous serons tranquilles. Eh oui! Je sors un album... Je suis si heureux, Monsieur Paul, un rêve irréalisable pour moi! ... "
- " Tu es < monté > pour faire prendre l'air à un album de famille?... "
- " Ne me charriez pas, Monsieur Paul. Vous savez très bien ce qu'est un album. "
- " Oui, certes. Mais, vois-tu, pour moi, ce mot pompeux moderne me gêne. Un album se feuillette et ne s'écoute pas.. Alors tu as enregistré? .. Le temps passe si vite! Quand je pense que je t'ai connu sur les genoux de ta mère, à Saint Florent et tu as grandi, tu es entré en apprentissage chez mon ami Emile, le garagiste... Tu t'es mis à pousser la chansonnette, pour arrondir ton argent de poche, dans les fêtes, les bals, les banquets et les noces, avec tes copains du petit orchestre... Excuse -moi Léo - Pardon - Mario, je vais être franc avec toi, ne m'en veux pas, je te connais trop bien!... Quand j'étais à Saint Florent, je crois me souvenir que tu n'étais pas vraiment doué pour imiter Pavarotti, je pense que tu es d'accord avec moi, mais enfin, ça plaisait aux gens... Comment en es-tu arrivé à faire ton disque? Tu as beaucoup progressé? Tu as pris des cours de chant? "
- " Oui, c'est vrai Monsieur Paul, vous avez raison! Je sais ce que je vaux... Sachez que je n'ai pas demandé à entrer dans le vedettariat. Il se trouve, comme vous le savez, que j'étais chez votre ami Emile, au garage. Or, je n'ai rien demandé à qui que ce soit et c'est mon patron qui a tout organisé sans m'en parler. Le frère de Monsieur Emile, celui qui est aux Finances à Bercy, avait rendu un grand service à la petite amie d'un directeur d'une maison d'édition ici à Paris, les disques "Polyphone"... Monsieur Emile a cru bon de vouloir me faire une fleur en faisant demander par son frère un service un peu forcé à "Polyphone". Moi, le petit chanteur interprète au micro dans les bals de province, j'ai été appelé à Paris pour une audition, ravi et inquiet sur mes capacités. Je n'avais pas de chansons à moi, n'étant ni écrivain, ni compositeur, ni parolier. Alors, "Polyphone" a sorti de ses archives une dizaine de chansons un peu faciles que j'ai apprises. Ils m'ont corrigé bon nombre de mes défauts sans toutefois les gommer tous, j'en suis conscient. Et j'ai donc fait cet album qui sort...
" Quant à mon nom, lorsqu'ils l'ont découvert, ils ont estimé qu'il était impératif de le changer. J'ai eu droit à pas mal de sourires: Léopold Degame, ça ne collait pas du tout. J'ai toujours eu droit, à Saint Florent, à ces quolibets sur mon nom, "les hauts de gammes". Vous vous souvenez de tout ça? Il fallait faire éviter ce jeu de mots facile et chez "Polyphone" ils m'ont baptisé Mario Marini! Voilà où j'en suis...
" Après deux mois d'efforts, j'ai été lancé sur les ondes à grand renfort de publicité... Encore une fois, je sais que ce n'est pas très brillant, mais enfin... "
- " Mon petit Léo... Excuse, Mario! Te voilà transformé en homme-sandwich, condamné à faire connaître ton < album > "
- " Je connais toutes ces contraintes... Je suis déjà en période de promotion... Mais, dîtes-moi, Monsieur Paul, j'ai toujours eu grande admiration pour vous. Je ne vous ai pas vu depuis des années. Vous avez quitté Saint Florent alors que vous étiez correspondant chez nous pour la presse locale et j'ai simplement appris un jour que vous aviez été appelé à Paris pour entrer au journal "L'Objectif".
- " C'est vrai mon garçon, durant de longues années, au pays, j'ai été échotier, pigiste, courriériste, chroniqueur... Mais cette vraie promotion, je ne la dois à personne. On a dû remarquer mes articles du Berry... J'avais des contacts sérieux à Paris où je venais de temps en temps. J'avais du métier et des références et j'ai quitté Saint Florent... A peine fixé deux ans à Paris, j'ai été envoyé comme correspondant de "L'Objectif" au Proche-Orient où j'ai passé trois années et je suis rentré il y a quarante-huit heures. Je n'ai pas encore pu prendre de vacances et je compte très bientôt revenir dans notre coin du Cher pour me reposer des turbulences de l'étranger. J'en ai besoin... Je retrouverai ensuite ma plume au journal.
" En attendant mon départ en congé bien mérité, on m'a signalé le "Carlos Bar" où gravite une certaine faune et où l'on peut glaner ce dont raffolent les lecteurs d'un journal. Ca ne me plaît que modérément pour l'instant. Je reprendrai mes chroniques plus tard. Vivement les vacances! Mon absence de France ne m'a pas permis de te suivre dans ton envolée... Où habites-tu? "
- " Hôtel d'Argenson", près de Saint Augustin, pris en charge par "Polyphone", et vous? ... "
- " Je suis revenu dans mon petit appartement de la rue Lepic, dans le XVIII°, sous les toits... Nous allons nous revoir... Je ferai passer un article dans le journal sur la nouvelle < vedette > de la chansonnette... Ecoute moi bien Léo. Il te faut profiter au maximum de ton coup de pouce. Chez "Polyphone", ce ne sont pas des philanthropes. La main forcée, ils ont été obligés de renvoyer l'ascenseur. Ils font maintenant leur métier d'éditeur. Leur but est d'engranger un maximum de profits, vedette talentueuse ou pas. Crois-moi : tu vas être montré avec ton < album > dans toutes les émissions de télévision, sur tous les plateaux, bons ou mauvais, par tous les présentateurs... excellents ou médiocres. Tu passeras et tu passes déjà dans toutes les stations de radio... Si ta Maison d'édition sait... s'organiser, tu me comprends, il se pourrait que tu reçoives même une < Victoire de la Musique > ! J'aurais beaucoup à dire sur les... < récompenses >.
" L'important pour "Polyphone" est le profit et de faire travailler à la vente les disquaires. Tu vas être pressé comme un fruit mûr et lorsque le fruit sera sec, c'est à dire chute des ventes, on te renverra à ton garage de Saint Florent sans aucun scrupule. On t'oubliera vite! ... Je te l'ai dit, tu es un homme-sandwich de la consommation. La "Presse People", arrosée, va te louer quelque temps. Elle t'inventera des liaisons croustillantes et douteuses... Garde les pieds sur terre mon petit Léo et la tête froide. Je reste un peu pessimiste sur ton avenir dans la chanson...
" Je ne suis pas un oiseau de mauvais augure et je souhaite me tromper pour toi... Je n'ai pas eu l'occasion de t'entendre sur les ondes depuis mon retour, mais je pense à tous ces chanteurs ou ces groupes qui ont sombré dans l'anonymat après une gloire éphémère bâtie par des marchands de rêves... Emile t'aime bien, comme un fils... Pour sa suite au garage, il m'a souvent parlé de toi. Il t'a procuré un grand plaisir et, en son for intérieur, je suis certain qu'il pense comme moi... Reste sage mon Léo et soigne tes finances du moment. Pas d'emballement... Ne va pas t'insérer dans une de ces officines véreuses d'agents de vedettes qui, sous le prétexte de soigner tes intérêts, ne pensera qu'à tirer un large profit de tes revenus. Certains en ont été ruinés! Et des grands noms connus encore aujourd'hui! De plus, tu ne composes pas! Je ne suis pas là pour te faire la leçon. J'ai simplement vu, vécu et compris les méfaits du métier... Si l'on peut appeler cela un métier. Les grandes vedettes qui franchissent les années grâce à leur talent sont rares, tout en restant soumises chaque fois, elles aussi, aux contraintes de la publicité et de la promotion...
" Tu ne dis rien? Je ne veux pas être un trouble fête et j'espère ne pas avoir été trop dur avec toi. Je suis sincère et je t'aime bien. Allons, profite, enfourche avec plaisir ta monture actuelle et reste le bon garçon que j'ai connu. "
- " Vous avez toujours été de bon conseil pour moi, Monsieur Paul. Je vous en remercie... J'ai bien compris votre message, je saurai m'en souvenir... Pour le moment on est fier de moi dans le Berry ! "
- " Certainement Léo, tout comme moi, pour cette aventure qui forge un homme. Au pays, on restera fier de toi si tu dois y revenir quand ton contrat sera déchiré sans aucun égard pour l'interprète. Ne te fais pas moudre par les vendeurs de sons... Encore un conseil Léo: as-tu fait vérifier ton contrat par un avocat? Si c'est non, méfiance! Rappelle-toi que je serai toujours là pour t'aider en cas de besoin... Maintenant, goûtons plutôt à ces breuvages du "Carlos", offerts sans doute par la direction, et je te laisserai à tes < fans > qui nous regardent... Méfie-toi du miroir aux alouettes! "
Les deux hommes finissent leurs verres, se lèvent et s'embrassent... Paul donne son adresse à Léo... Mario Marini, tout songeur, accompagne Monsieur Paul vers la sortie sur les "Champs".
-" A bientôt et bonne chance Léo! Euh... Mario... ".
26 mai 2009
Découvertes dans l'Ariège...
Les 25 et 26 juillet, Troisième biennale du livre à Sainte-Croix-Volvestre
Bien que spécialement voué aux livres d'histoire générale et régionaliste auxquels un espace particulier est réservé, le Salon du Livre de Sainte-Croix-Volvestre (Ariège) - qui se tiendra les 25 et 26 juillet - accueille tous les genres littéraires et voudrait, cette année, s'axer particulièrement sur la bande dessinée. Il est conçu non seulement comme un Salon du Livre, mais aussi comme un salon autour du livre dans la mesure où il reçoit imprimeurs, relieurs, calligraphe et fabricants de papier artisanal aux côtés des éditeurs, des auteurs présents sur leur stand, des auteurs indépendants et des libraires qui y participent habituellement.
Au cours de ces deux après-midi, des interviews seront organisées et permettront à ceux qui en auront fait la demande de présenter leurs ouvrages. La presse régionale - "La Dépêche du Midi" et "Le Petit Journal" - y sera présente et en fera largement état.
Ce Salon se prolongera du 27 juillet au 2 août par une librairie temporaire à laquelle les éditeurs et auteurs qui le souhaitent pourront confier leurs ouvrages.
Les éditeurs et auteurs locaux pourront reprendre les invendus à compter du 3 août, les Parisiens les récupéreront début septembre au siège de l'Association des Auteurs Auto-édités (cette association sera sans doute devenue à cette date Société des Auteurs Indépendants, S.A.I., puisqu'une assemblée générale est prévue, à la fin du mois de juin, pour en décider). Les autres auteurs pourront demander à ce que les ouvrages confiés à l'Office du Tourisme leur soient retournés par voie postale à leurs frais.
Les auteurs locaux et ceux présents sur place pour des vacances pourront, au cours de cette période, assurer des permanences l'après-midi, permanences au cours desquelles ils dédicaceront leurs livres. La presse se fera l'écho de ces permanences en précisant pour chaque auteur qui y participera ses dates et heures de présence.
Il n'y a pas d'insciption préalable à celles-ci, elle se fera par dépôt auprès des organisateurs (un bulletin sera remis pour ceux qui le souhaiteront à l'ouverture du salon).
Une série d'animations culturelles (une à deux chaque jour) telles que atelier d'écriture, récitation de contes, lectures publiques (spoken words), cinéma, conférences, cercles littéraires auront lieu au cours de ces après-midi.
Aucun pourcentage ne sera prélevé sur les ventes, que l'auteur soit présent ou non. La remise de livres en dépôt-vente au cours de cette semaine de librairie temporaire est gratuite pour les participants au salon (elle n'est pas ouverte aux autres). 
Toutes commmodités et aménagement du séjour des auteurs sont possibles depuis les chambres d'hôtes chez une chanteuse occitane (vue imprenable garantie sur les Pyrénées) jusqu'à l'hôtel, en passant par l'accommodation chez l'habitant ou le camping (tout cela est envisageable). Il vous suffira de faire part de vos souhaits à Yves Pavie, Editions du Sagittaire, en lui retournant le bulletin que vous trouverez ci-joint et pourrez agrandir, si vous le souhaitez, d'un clic de souris.
Si vous êtes intéressé par cette manifestation, la réservation des emplacements se fait uniquement par l'envoi de la fiche d'inscription dûment remplie et d'une enveloppe timbrée au tarif lettres en vigueur. Si vous ne pouvez pas vous déplacer, vous avez la possibilité d'envoyer aux Editions du Sagittaire mjriou@sagittaire-editions.fr le descriptif avec photo de la couverture d'un ou de deux titres dont il sera fait état au catalogue des auteurs exposants.
Le montant de l'inscription est de 25 euros. Celle-ci donne droit à la participation au Salon les 25 et 26 juillet et à la participation à la librairie temporaire de la semaine qui suit. Votre participation au Salon impliquant votre présence donne droit à une table d'un mètre cinquante linéaire environ, avec chaise(s) pour l'exposant et son(ses) accompagnateur(s). Elle donne droit aussi à
- des réductions sur les ateliers qui pourraient être payants,
- un apéritif de bienvenue et de clôture le dimanche,
- des soirées thématiques organisées avec ce que chacun serait en mesure d'apporter au pot commun,
- des réductions sur la visite du musée (semaine),
- une visite guidée gratuite par les historiens du patrimoine local, voire environnemental du canton (semaine),
- une documentation touristique d'accueil locale et départementale,
- un espace d'accueil camping-cariste (gratuit),
- l'occasion de la proximité du lac pour la baignade (gratuite et règlementée),
- la découverte du jeu de quilles (mercredi matin),
- la possibilité de randonnées par la mise à disposition de guides par l'Office du Tourisme.
Les organisateurs attendent votre réponse soit par mail à ypavie@sagittaire-editions.fr , soit par poste à Editions du Sagittaire, bureau de Paris, 5 rue Sainte-Beuve, 75006 PARIS, à l'aide du bulletin de pré-inscription ci-dessus.
25 mai 2009
Aux amoureux de l'écrit...
Dans leurs rubriques respectives,
Maurice DUSSOL, François LÉGER
et Daniel PAGNIEZ font tout leur possible pour vous donner des textes de qualité.
Ce site a été créé il y a plus de trois ans et la "nouvelle" page d'accueil du 21 avril 2008 ne peut être considérée, maintenant, que comme un document d'archives!
Certes, membre de la Société des Gens de Lettres, essayiste et nouvelliste, François LÉGER a tout d'abord créé ce site, comme bien de ses confrères, pour qu'il soit la vitrine de ses ouvrages arrivés ou arrivant en librairies. Toutefois, le journaliste honoraire qu'il est s'est très vite rendu compte qu'il convenait de reprendre la plume pour vous offrir des articles relatifs à l'évolution de notre société, de notre littérature et de notre culture.
Un but fort louable en soi puisque vous êtes actuellement entre trente et quarante personnes à faire, chaque jour, l'honneur d'une visite à ce site pour prendre connaissance de la culture mosaïque - chère aux sociologues - qui vous est offerte.
Mais, François LÉGER ne serait pas parvenu, seul, à avoir l'honneur de recevoir ces milliers de fidèles visiteurs - venant de France et du monde entier, notamment du Canada qui représente 20% de la fréquentation totale du site - parce qu'il ne pouvait pas répondre aux goûts des uns et des autres.
Vous aimez la poésie? Vous vous rendez donc régulièrement dans la rubrique "Le coin des poètes" pour y retrouver Maurice DUSSOL. François LÉGER a rencontré Maurice DUSSOL, latiniste et helléniste distingué, une des grandes plumes de la poésie classique française actuelles, au cours d'une remise de prix littéraires. Devenus amis, l'auteur de ce site a convaincu Maurice DUSSOL à venir sur ce site en poète mais en alimentant également très largement des rubriques comme "Protégeons notre langue", "Phénomènes de société", "Perles orales" ou "Perles écrites"!
Quant à Daniel PAGNIEZ, l'auteur de ce site le connaissait depuis des années et savait qu'il rêvait d'écrire des contes pour enfants... Après bien des hésitations de Daniel, celui-ci s'est laissé convaincre et vous fait cadeau d'un conte chaque mois depuis maintenant plus d'un an sans manquer d'intervenir épisodiquement dans les rubriques "Phénomènes de société" et "Coup de gueule".
"L'équipe des trois" est maintenant formée depuis plusieurs années et chaque membre tient à donner le meilleur de lui-même pour vous offrir des textes de qualité. Chacun croit pouvoir apporter sa minuscule pierre au grand édifice de la littérature et de la culture françaises qui semble avoir - actuellement - de par le monde un rayonnement dont la lueur est bien plus faible que d'antan. Le Siècle des Lumières serait-il revenu à la bougie?
Mais que fait donc François LÉGER dans tout cela? Il est le "webmaster", présente, le 1er de chaque mois, sa rubrique "Lu pour vous", au moins un article mensuel sur des phénomènes de société ou des faits marquants de l'actualité dont font partie la "Rentrée littéraire" et la "Remise des prix..." du même nom.
Mais tout ceci ne veut pas dire qu'il ait cessé son travail d'écrivain. C'est ainsi que, si vous êtes un habitué de ce site, vous devez avoir remarqué que son livre "Il n'y a pas d'âge", publié chez In Octavo Éditions, a fait bon nombre de salons Littéraires depuis quelques mois. Récompensé par l'Académie Poétique et Littéraire de Provence et par La Renaissance Française du Nord/Pas-de-Calais avant d'être soumis à votre jugement, ce livre est le quatrième ouvrage de François LÉGER arrivé en librairies.
Mais ne croyez pas que François LÉGER se réserve le droit de présenter, ici, uniquement ses ouvrages! Que nenni, il en est ainsi parce que Maurice DUSSOL n'a pas l'intention d'éditer ses poèmes et articles divers. Quant à Daniel PAGNIEZ, il ne semble pas, pour l'instant, qu'il soit prêt à éditer un petit recueil de contes pour enfants. Ceci n'empêche pas Maurice DUSSOL et Daniel PAGNIEZ de protéger leurs écrits contre la copie et le plagiat...
Voilà, vous êtes maintenant vraiment chez vous sur ce site pour le connaître et avoir découvert les hommes qui l'animent, leur volonté et leurs travaux.
Bonne lecture à tous et n'oubliez pas que ce site est interactif: vous pouvez laisser un commentaire au bas de chaque article ou écrire à l'auteur directement par la fenêtre idoine. Tous vos commentaires sont pris en compte et la plupart du temps François LÉGER y répond, soit personnellement, soit sur le site.
21 mai 2009
Retrouvailles... et disparition
Contes d'un jardin extraordinaire
Par Daniel PAGNIEZ
XVIII) Une ténébreuse affaire
Deuxième épisode émaillé d'une rencontre étonnante...
Inattendues, ces simples paroles heurtèrent Rackam et le figèrent sur place. Son fanal tenta d'en définir l'origine mais, à courte distance, l'obscurité pesante, quelque peu effrayante, avait mis notre petit ami sur ses gardes. Était-il interpellé par l'odieux Koukou? Pourtant la voix lui semblait plutôt amicale. Rackam recouvra ses esprits, chassa son appréhension et s'adressa à l'inconnu.
-"Qui êtes-vous? Montrez-vous!"
-"Je te connais fort bien, Rackam... Nous nous connaissons d'ailleurs très bien tous les deux... et de longue date!"
-" Mais encore? D'ailleurs, pourquoi n'osez-vous pas vous montrer? Avez-vous peur?"
-" Je n'ai aucune crainte devant un ami... Je tiens seulement à m'assurer que tu ne viens pas ici avec un instinct belliqueux à mon encontre"
-" Moi, un ami? Vous m'agacez... Présentez-vous à la fin! Je ne suis que sur la piste d'un triste individu malfaisant. Êtes-vous ce brigand que je cherche?"
-"Tu veux parler de Koukou? Tu vois, je suis bien au courant de ce qui se passe là-haut. Non, je ne suis pas Koukou."
-"Alors, encore une fois, qui êtes-vous? "
-"Mon cher, t'en souvient-il? Je ne suis que Barbemousse, tu sais bien... Barbemousse, le vieux Barbemousse, le blaireau que tu appelais le Goulu, le Défricheur... Nous avons fait tant de parties ensemble..."
- " Mais, je rêve! C'est toi...? Barbemousse? Que fais-tu ici dans ce trou sans air, sans éclairage, isolé du monde?"
-" Là, je t'arrête Rackam! Ce trou, comme tu dis, est mon domaine où je réside depuis que mes déboires avec les jardiniers m'ont poussé à me cacher, à m'assagir, à vivre autrement. J'ai mes entrées et sorties secrètes, j'ai mes aérations, j'ai ma grotte de splendeur que tu as traversée et que j'avais découverte. J'ai beaucoup vieilli, je marche avec une canne, mais je vis heureux ici. Puis, je fais encore chaque soir un tour de jardin en respectant maintenant les pelouses... J'ai des amis ici, des amis que tu connais aussi... "
-" Tu n'es donc pas seul dans ce sous-sol?"
-" Bien sûr que non!"
-" Je connais tes compagnons souterrains?..."
-"Oui, sans aucun doute! "
-"Mais, je te savais... carnassier! "
-" Je n'ai pas changé. Mes sorties nocturnes me permettent de < nettoyer > ton jardin des horribles petits prédateurs à pattes, tous ces rongeurs que tu détestais. Ces taupes par exemple: tu te souviens, jadis, à la quatrième taupe, je te donnais l'heure exacte!"
-" Arrête cette plaisanterie! Je n'ai pas l'humeur à la bouffonnerie! Si tu savais, Barbemousse, comme je suis heureux de te retrouver, cela fait si longtemps... Tu avais disparu pour nous! Ah! Je comprends ta vie dans l'ombre et ta discrétion. Mais, dis-moi, à propos d'ombre, on ne voit rien ici... Rapproche toi"
-" Tu vas me voir, Rackam, en pleine lumière, et ne qualifie plus mon domaine de vulgaire < trou > noir! Je te dis que nous avons tout le confort ici grâce à toutes mes joyeuses assistantes, à mes adorables filles!"
- " Tes filles?"
- "Oui, je les appelle comme cela, bien sûr, toutes mes < Lucille >, mes gentilles lucioles qui résident ici. Elles ne sortent au jardin que l'été; lorsque le temps est chaud le soir. Il suffit que je tape deux fois ma canne sur le sol et j'ai mon éclairage qui m'apporte une vision si féerique!..."
-" Et... pour éteindre?"
-" Un seul coup au sol et mes < Lucille > s'endorment! Tu vas voir"
Barbemousse tapa alors deux fois le sol et le phénomène se produisit: une nuée de joyeux scintillements pour un doux éclairage et Rackam et Barbemousse tombèrent dans les bras l'un de l'autre. Rackam éteignit sa lanterne...
Révélations en sous-sol...
Ils s'engagèrent de conserve dans la petite galerie illuminée au fur et à mesure de leur progression. Ravi des retrouvailles, le blaireau se faisait "mousser" par ses explications. Ils passèrent devant une porte entrouverte portant une plaque sur laquelle Rackam put lire "Ramona".
-"Tiens! Rackam, tes amis, mes amis, nous sommes devant l'appartement de Ramona. La porte n'est pas fermée. Tu peux l'apercevoir dans son rocking-chair toute endormie. Une seule < Lucille > la veille. Elle aussi a le pouvoir d'un bâton pour s'éclairer ou non... Nous voilà, maintenant, devant l'appartement de Trottemenue et de Trottinou. Tu vois, c'est écrit: < Trottemenue - Leçons de solfège sur rendez-vous >. Ne les dérangeons pas... Enfin, ici, les résidences de toutes les familles Ventraterre, encore des amis... Moi, j'habite un peu plus loin... "
-" Je suis abasourdi Barbemousse... Quand je pense que tous ces cachottiers ne m'ont jamais parlé de toi..."
-" Ils avaient des consignes. Je pouvais compter sur eux tous... C'est d'ailleurs Trottemenue, qui a beaucoup de talents, qui m'a aidé après le tremblement de terre..."
-" La tempête? "
-" Oui, c'est ça! C'est elle qui m'a préparé les plans pour la construction d'une ouverture plus accessible, près de cette souche coupée, plus mécanique que magique, Les Ventraterre m'ont bien aidé dans leurs ateliers. J'imaginais toujours pouvoir te faire venir: hélas, nos issues étaient trop petites. Enfin, j'ai pensé à cette occasion. Dommage que ce soit dans des circonstances alarmantes, à la suite du vol de Koukou."
-" Parce que tu es - là encore - bien au courant?"
-" Bien entendu, par Pain-Son, chez qui je vais, de temps en temps, passer une soirée et qui a la grande bonté de nous ravitailler aussi en friandises..."
-" Pain-Son également a su se taire pour ta sécurité et ta clandestinité. Bah! Je ne lui en veux pas! Décidément, je suis le seul à ne pas connaître ton existence sous nos pieds..."
-" Tu ne peux pas concevoir, Rackam, notre vie souterraine, si pleine de joies, de jeux, de ris... et, que dire des récitals de Trottemenue dans notre musée des merveilles, notre grotte, sous les coups d'archer de son stradimarius dans l'acoustique, dans le relief des notes et dans la joie de l'éclairage de mes < Lucille >!... Nous sommes si heureux ici!... Je vais te montrer mon chez moi!..."
Dans sa stupéfaction, Rackam en oubliait presque Koukou. Soudain, Barbemousse crut entendre des bruits de pas venant du fond de la galerie. Il demanda à Rackam de ne pas bouger, de rester sur ses gardes. "Je reviens tout de suite", dit-il, "Ne t'affole pas, je dois tout vérifier!". Barbemousse quitta Rackam en claudiquant vers le fond du petit couloir.
Le drame sera-t-il évité?
Barbemousse mit peu de temps à revenir vers son ami... Qu'il ne trouva pas! La lanterne de Rackam gisait au sol, brisée, et une trace de sang frais le fit frémir d'horreur. Il lança dix fois d'une voix tonitruante le nom de Rackam, sans aucune réponse... Désemparé, il se mit à crier encore plus fort.
-"Alerte à vous tous, alerte générale, fermez toutes les issues et venez me rejoindre!"
Les Ramona, Trottemenue, Trottinou et les Ventraterre accoururent.
-"Que se passe-t-il? Il y a le feu? ... Qu'arrive-t-il Barbemousse?... "
-"Rackam est venu nous voir... Je vous expliquerai... Mais il a disparu mystérieusement et je crains le pire pour lui: voyez cette trace de sang, sa lanterne cassée... Nous sommes en guerre contre Koukou, vous le savez, je vous ai parlé de ce monstre... Il a dû réussir à s'introduire chez nous: alors attention vous tous, il est dangereux! Il faut retrouver Rackam coûte que coûte et vite! Nous allons fouiller toutes les galeries, redoubler de prudence et que toutes les filles inondent de lumière tous les recoins de notre domaine, jusqu'à la grotte!"
Les recherches furent entreprises avec ardeur dans une grande inquiétude. Pas de signe de vie! Pas d'indices! Ils arrivèrent sans succès jusqu'à la grotte merveilleuse, étincelante sous l'ardeur des petites "Lucille" inquiètes, elles aussi. L'immensité et les mille recoins rendaient la tâche difficile. Ils appelaient sans cesse et le nom de Rackam revenait en écho, renvoyé dans cette "glyptothèque" par les sculptures naturelles. Les fouilles étaient interminables et la lassitude gagnait peu à peu les amis du sous-sol.
Par l'ouverture où il se tenait toujours en sentinelle, Elliott, apeuré par les appels et l'agitation, se mit à son tour à crier le nom de Rackam. Barbemousse monta jusqu'à lui, ahuri de voir apparaître son ancienne connaissance. Barbemousse, à la hâte, lui donna rapidement toutes les explications et lui demanda d'avoir une grande vigilance et de veiller sur une sortie éventuelle de Koukou et - surtout- de n'alerter personne au jardin....
Elliott assura que personne n'était sorti depuis la descente de Rackam. En bas, dans la grotte, les recherches continuaient dans la désolation. C'est finalement Ramona, qui, de son grand flair légendaire, trouva une piste. Elle appela les autres, qui accoururent et découvrirent une forme ligotée, saucissonnée, bâillonnée et blessée, derrière une vasque basse entre deux stalagmites ocrées... Ficelé avec le long cordon blanc de la bobine des cerfs-volants, était-ce Rackam?
Un peu de patience, chers lecteurs... Un peu de patience: vous aurez, le vendredi 12 juin, la solution de toutes ces énigmes dans le troisième et dernier épisode de ce XVIIIème conte d'un jardin extraordinaire.
20 mai 2009
Un poème à ne jamais oublier !
Le coin des poètes
Avec Pierre VIRMES
La leçon d'amour
Quand nous eûmes posé l'écrin où gît ma mère,
Près de celui du père au fond d'un noir tombeau;
Après avoir senti couler la larme amère
Qui, du tréfonds de l'âme en arrache un lambeau,
J'ai voulu parcourir - comme une ultime offrande -
De la cave au grenier, la modeste maison.
Des armoires, filtrait un parfum de lavande;
Tout semblait assoupi sous la chaude saison.
Meubles! Objets! Témoins d'une chère existence,
Qui vîtes en ces lieux: aimer, naître et mourir!
Je reviendrai, pour rompre un lourd et long silence;
La source de l'amour ne doit jamais tarir!
Neuf coups firent vibrer l'horloge magistrale;
Le soleil, au couchant, perça le clair-obscur;
Du sombre vaisselier, la théière ancestrale
Miroita, sous le rai, de l'éclat le plus pur.
Je la pris lentement, avec délicatesse;
Soulevai,pour humer, l'opalescent chapeau;
C'est alors qu'apparut au fond de l'étroitesse
Un cube enrubanné, tel un joli cadeau.
Tout attendri j'ouvris pour découvrir la chose;
Une dragée avait - nuptiale, je crois -
Encore sa couleur et sa senteur de rose:
Souvenir. Trente avril mille neuf cent trente trois.
J'ai remis le bonbon dans son brin de voilette
Et rangé la théière avec son attirail;
La leçon remontait du fond de la cachette:
"L'amour, le vrai, le grand, c'est le petit détail!"
18 mai 2009
Coup de gueule
Arrêtons de fermer les yeux et laisser faire: il est temps de juguler une certaine société...
Par François LÉGER
On a longtemps voulu nous faire croire que la société dans laquelle nous vivons en ce début de XXI° siècle était la conséquence d'un certain Mai 68: c'est dire que les générations d'aujourd'hui nous imputent - à nous sexagénaires -tous les problèmes de la société française d'aujourd'hui! Certes, nous avions alors vingt ans et les rêves de la jeunesse, mais cela ne nous a pas empêchés de très vite comprendre que, pour avoir une chance de réaliser ces rêves, il nous fallait relever nos manches et prendre nos responsabilités: ce que nous avons fait pour la plupart d'entre nous et ce qui aurait dû laisser à nos enfants des outils de travail en état de marche et une société française dans laquelle il fait bon vivre... C'est dire que je refuse d'endosser la responsabilité d'une Société qu'il faut sans nul doute imputer à des générations nous ayant suivis...
Car, les générations qui sont la cause de cet invraisemblable laisser-aller à la fois des adultes et des jeunes sont celles qui ont trente, quarante, voire cinquante ans tout au plus... Ces générations auxquelles on a laissé croire que nous allions vers la civilisation des loisirs et que le travail était un gâteau qu'il fallait se partager sans trop en abuser.... Trente-cinq heures? C'est passé, on en voit les résultats! Trente-deux heures? C'est le voeu d'un ancien candidat à la présidence de la République: ce n'est pas passé et l'économie ne s'est donc pas écroulée derechef! Mais le problème est que la plupart de ces générations auxquelles on a promis qu'elles auraient tout sans efforts l'ont cru béatement!!! Pourtant, sur la route du Paradis terrestre, elles ont eu un feu orange qui aurait dû les alerter: François Mitterrand avait promis que le nombre de chômeurs n'atteindrait pas le million sous sa mandature... et il fut de plus de deux millions...
Combien de Français - parmi ces générations - ont-ils conclu que l'on pourrait vivre sans se casser la tête, sans faire le moindre effort, sans prendre la moindre responsabilité, y compris vis-à-vis de leurs enfants pour lesquels ils ont délégué l'éducation aux établissements scolaires... C'est tellement plus facile de faire faire aux autres ce qui est de notre ressort! Mais combien d'hommes et de femmes ont ainsi laissé toute liberté à leurs enfants en comptant sur les autres pour faire leur éducation? Quelle facilité de laisser toute liberté à ses enfants en ayant ainsi soi-même toute liberté...
Cependant, cette liberté se paye aujourd'hui par l'existence d'une société qu'il faut s'empresser de juguler! Pour ma part, je ne plains pas les parents qui, ayant refusé de s'occuper de leurs enfants, ne peuvent rien en tirer aujourd'hui: pour avoir fui leurs responsabilités, ils sont aujourd'hui privés de toute autorité! Je dirais que "C'est bien fait" mais ce qui est beaucoup plus grave est que ces jeunes soient - pour nombre d'entre eux - immatures, oisifs, sans rêves, abhorrant toute contrainte et détestant le seul mot de "travail". Voilà une entité de personnes à laquelle il faudra s'intéresser afin qu'elle ne puisse pas vivre en étant à la charge de ceux qui travaillent, tous ceux qui travaillent...
Mais, le plus grave est cette liberté totale laissée à ces enfants qui, aujourd'hui, ne savent pas vraiment ce qui est mal et ce qui est bien, ces enfants qui vivent dans un monde virtuel grâce à tous ces jeux vidéo pour lesquels les parents ne sont même pas conscients que leurs enfants font une addiction, une addiction qui peut mener à la catastrophe. Ils ont tous les droits, alors pourquoi s'étonner aujourd'hui de lire notamment (dans "Le Figaro" de ce jour) ces rappels de la violence des enfants: début janvier, un professeur est blessé à coups de couteau par un élève de 18 ans; dix jours plus tard, un élève de 12 ans entaille la joue de son enseignant d'un coup de ciseaux; en mars, le directeur d'un lycée privé est attaqué au canif; vendredi dernier, un collégien de 13 ans blesse son enseignante à l'aide d'un couteau de cuisine, etc.
Et de ne pas faire mention ici de toutes ces menaces avec armes par destination faites aux enseignants à l'aide d'un compas ou d'un cutter qui sont d'autres réalités tout aussi inquiétantes... On est ici en droit de se poser la question de l'introduction de ces armes dans les établissements scolaires et ce même numéro du "Figaro" s'y intéresse largement...
Mais, cette violence s'exprime partout: souvenons-nous que, à la suite d'une bagarre à l'extérieur d'un établissement scolaire, un garçon de 16 ans est mort poignardé par un jeune de 19 ans mercredi dernier!
Quelle société tous ces jeunes nous préparent! Une Société dont je ne veux pas, une Société qu'il faut juguler... Ne parlons pas du jeune de 19 ans dont le cas relève de la Cour d'Assises, mais bien plutôt des plus jeunes. Personnellement, je trouve normal que le jeune de 13 ans dont il est fait état ci-dessus soit incarcéré dans un établissement pour mineurs et le regret de cette décision par son avocat soulignant que l'adolescent est "pétrifié, paniqué par ce qu'il a fait" ne me touche en aucun cas... Le gosse n'a pas volé un stylo à un copain!
S'il est évident que cette violence est alarmante et exige des mesures rapides et dures de l'Etat, si la sanction doit être proportionnelle à la faute, je reste persuadé que les parents devraient partager cette sanction visant ces mômes de 12 ou 13 ans pour de tels faits. Ces parents comprendraient certainement ainsi leur responsabilité vis-à-vis de la Société qui ne peut pas tolérer cette pente savonneuse... De plus, en médiatisant ces sanctions infligées aux jeunes et à leurs parents, je suis persuadé que certaines générations d'adultes comprendraient leur devoir d'autorité et de responsabilité qui est le leur envers leur progéniture...
15 mai 2009
Ponctuation et précisions...
aux points ...finauds?
Par Maurice DUSSOL
Voici, comme promis, le texte de Maurice DUSSOL mettant un... point final à l'assaut à fleurets mouchetés - ayant tout d'une bien sympathique joute littéraire -dont nous nous sommes fait ici l'écho le mardi 12 mai. Ce dernier argumentaire relatif à cet intéressant débat publié par le mensuel "Plumes au vent", dans sa livraison de juin 2003, sous le titre "Faisons le point sur... les points!" était, nous en sommes certains, très attendu par les puristes de notre langue.
Cher Monsieur B.N., qui avez bien voulu vous intéresser à "l'amusette" que j'avais "pondue" (sans penser qu'elle pourrait être publiée un jour) je tiens, avant toute autre chose, à vous remercier d'avoir porté autant d'importance à ce qui n'était pour moi qu'un coup de coeur, un petit cri dans le silence.
Je vous dois cependant, ne serait-ce que par politesse envers vous, de vous apporter ci-après quelques éclaircissements qui me paraissent indispensables pour l'avenir de nos relations: relations que je souhaite vivement les plus agréables possibles. J'ai horreur des polémiques et je ne vais pas en commencer une avec vous, surtout pas sur un sujet pour lequel je ne me ferais pas torturer ou pendre! Il n'en reste pas moins que je me dois (que je vous dois) de réagir en toute humilité pour une plus complète compréhension de nos positions respectives.
(...)
Un point qui a son importance: je n'ai écrit nulle part qu'il était "inadmissible" de créer une phrase sans verbe. En effet, comme vous, je pense que cette licence peut très bien être admise dans certains cas et surtout dans un désir de "style". Ce que j'ai voulu souligner dans mes réflexions sur les points c'est que cette liberté est, ces temps-ci, de plus en plus utilisée au point d'être galvaudée et de perdre ainsi ses seules valeurs (originalité, surprise, inattendu, etc.) et, par conséquent, l'intérêt qu'elle pouvait offrir.
Et cela m'ouvre la porte sur ceux qui, dîtes-vous, ne "respectent pas à fond l'orthodoxie d'une construction grammaticale". Honnêtement! Croyez-vous que tous le font exprès? Croyez-vous que tous sauraient écrire autrement?
Quand j'entends et subis sans cesse les âneries d'un langage (parlé ou écrit) où fourmillent les solécismes, les accords erronés ou absents, les contresens et les non-sens, je me demande si je ne suis pas en effet un de ces dinosaures dont vous parlez dans le titre de votre article. (Note de la rédaction: le commentaire signé B.N. et résumé dans notre publication du mardi 12 mai avait pour titre : "Nobles créatures, les dinosaures, mais..."). Mais alors je me demande si ce n'est pas le moment de mêler, aux beuglements des passifs diplodocus, les feulements des tyrannosaures en colère! (Rex ou pas Rex).
Et cela d'autant plus que, comme vous, je pense que la beauté ne peut pas, ne doit pas être statique et je trouve normal qu'on s'efforce de l'embellir de plus en plus mais permettez-moi de souhaiter que ce ne soit pas systématiquement, n'importe comment et, surtout, pas tout le temps!
Qu'une langue varie dans les mots, les expressions, les prononciations, tout cela est on ne peut plus normal, mais il ne faut pas tomber dans le piège que, pour ma part, je trouve dangereux et redoutable: vouloir changer uniquement pour changer! Faire du changement pour "progresser", d'accord! Mais faire n'importe quoi, détruire ce qui existe, pour "ne plus faire comme avant", c'est nul!
Nous avons la chance d'avoir la plus belle, la plus claire, la plus imagée, la plus subtile (et ma liste est loin d'être exhaustive) de toutes les langues et, par mode, sournoisement, par snobisme, par bêtise, nous la "modifions" par une foule de petits détails qui, après avoir surpris, choqué, étonné, se glissent d'abord dans le langage courant puis dans les textes de plus en plus sophistiqués et sont finalement admis comme "normaux".
C'est contre ces faits (que vous ne pouvez pas ne pas avoir remarqués) que je me suis amusé à écrire (au départ c'était mon plaisir égoïste) quelques "amusettes" (Castigat ridendo mores) parmi lesquelles "Faisons le point sur... les points!"...



